Frontex: responsabilités en matière de droits de l’homme
Réponse à Recommandation
| Doc. 13376
| 18 décembre 2013
- Auteur(s) :
- Comité des Ministres
- Origine
- Adoptée
à la 1187e réunion des Délégués des Ministres (11 décembre 2013). 2014 - Première partie de session
- Réponse à Recommandation
- : Recommandation 2016
(2013)
1. Le Comité des Ministres a procédé à un
examen approfondi de la Recommandation 2016 (2013) de l’Assemblée
parlementaire sur « Frontex : responsabilités en matière de droits
de l’homme » qu’il a transmise aux organes compétents du Conseil
de l’Europe pour information et commentaires éventuels
Note. La recommandation
soulève d’importantes questions concernant la protection des droits
humains des réfugiés et demandeurs d’asile, comme l’a souligné récemment,
une fois de plus, le Commissaire aux droits de l’homme du Conseil
de l’Europe à propos des politiques de contrôle aux frontières de
l’Union européenne. Le Comité des Ministres rappelle que tous les
Etats membres du Conseil de l’Europe, y compris les Etats membres
de l’Union européenne, doivent concilier leurs intérêts en matière
de protection des frontières avec leurs obligations en matière de
droits de l’homme, pour le moins en rapport avec le non-refoulement
et la protection de la vie.
2. A l’instar de l’Assemblée parlementaire, le Comité des Ministres
se félicite des mesures prises par l’Union européenne et Frontex
pour renforcer la protection des droits fondamentaux dans les activités
de cette dernière, notamment la Stratégie en matière de droits fondamentaux
de Frontex et le Code de conduite. Le Comité encourage le resserrement
des liens entre Frontex et le Conseil de l’Europe par le biais du
représentant du Conseil de l’Europe auprès du Forum consultatif
sur les droits fondamentaux et à travers des contacts directs avec
les différents organes pertinents du Conseil de l’Europe. Il partage
également le point de vue selon lequel les normes pertinentes du
Conseil de l’Europe mentionnées dans la recommandation, mais aussi
ses documents pertinents, à l'instar des « Lignes directrices sur
la protection des droits de l’homme dans le contexte des procédures
d’asile accélérées » de 2009 et des « Vingt principes directeurs
sur le retour forcé » de 2005, devraient être prises en compte dans
le travail de Frontex.
3. Le Comité des Ministres note que le Comité européen pour la
prévention de la torture et des peines ou traitements inhumains
ou dégradants (CPT) est déjà engagé dans un dialogue avec Frontex
sur les mécanismes de contrôle mis au point pour les opérations
conjointes de retour. En ce qui concerne le Code de conduite de
Frontex pour les opérations conjointes de retour, qui a été adopté
le 7 octobre 2013, le CPT envisage de formuler, en temps utile,
des commentaires sur le code, à la lumière de sa propre expérience
de surveillance de ce type d’opérations. Le Comité directeur pour
les droits de l’homme (CDDH) s’est également déclaré disposé à prendre
part à des échanges de vue réguliers sur la participation et la
contribution du Conseil de l’Europe au Forum consultatif de Frontex
sur les droits fondamentaux.
4. Enfin, reconnaissant l’importance du rôle des médiateurs et
des institutions nationales des droits de l’homme, le Comité des
Ministres saluerait une coopération entre Frontex et ces institutions.