La mise en œuvre du Mémorandum d’accord entre le Conseil de l’Europe et l’Union européenne
Réponse
| Doc. 13873
| 23 septembre 2015
- Auteur(s) :
- Comité des Ministres
- Origine
- Adoptée à la 1234e réunion des
Délégués des Ministres (10 septembre 2015). 2015 - Quatrième partie de session
- Réponse à
- Recommandation 2060
(2015)
1. Le Comité des Ministres
se félicite de la Recommandation 2060 (2015) de l’Assemblée parlementaire sur
«La mise en œuvre du Mémorandum d’accord entre le Conseil de l’Europe
et l’Union européenne», qu’il a communiquée au Comité directeur
pour les droits de l’homme (CDDH) et au Comité des conseillers juridiques sur
le droit international public (CAHDI) pour information et commentaires.
2. Lors de sa 125e Session, qui s’est tenue à Bruxelles le 19
mai 2015, le Comité des Ministres a pris acte avec satisfaction
du renforcement de la coopération entre le Conseil de l’Europe et
l’Union européenne. Comme indiqué dans le rapport soumis par les
Délégués des Ministres
Note, le «partenariat stratégique»
qui s’est développé ces dernières années sur la base du Mémorandum
d’accord entre le Conseil de l’Europe et l’Union européenne de 2007
a encore été renforcé par le biais de ses trois piliers – le dialogue
politique, la coopération juridique et les projets de coopération.
La coopération est devenue plus structurée et plus politique grâce
à un plus grand nombre de consultations concernant aussi bien les
Etats membres de l’Union européenne que les Etats qui n’en sont
pas membres.
3. Le Comité des Ministres a toujours eu pour ambition que les
organes de suivi du Conseil de l’Europe soient forts et indépendants
(paragraphe 3.1 de la recommandation de l’Assemblée). L’engagement
du Comité des Ministres pour garantir l’efficacité à long terme
de la Convention européenne des droits de l’homme et pour piloter
le processus de réforme entrepris à cette fin n’en est qu’un exemple.
Le Comité examine aussi actuellement des propositions visant à renforcer
le mécanisme de la Charte sociale européenne.
4. Le Comité des Ministres reconnaît l’importance de maintenir
un dialogue régulier avec les institutions de l’Union européenne
à tous les niveaux (paragraphe 3.2 de la recommandation de l’Assemblée).
Il se réjouit de pouvoir informer l’Assemblée qu’un tel dialogue
a bien lieu, y compris au plus haut niveau politique, et fait référence
à cet égard au rapport susmentionné.
5. Le Comité des Ministres réaffirme l’importance qu’il attache
à l’adhésion de l’Union européenne à la Convention européenne des
droits de l’homme et réitère son soutien politique dans ce sens.
Il exprime l’espoir que ce processus sera finalisé dans les plus
brefs délais. Depuis que la Cour de justice de l’Union européenne a
rendu un avis sur cette question, les contacts formels et informels
entre les deux parties se sont intensifiés et se poursuivront en
vue de surmonter les derniers obstacles.
6. Le Comité des Ministres estime que l’adhésion de l’Union européenne
à d’autres conventions, mécanismes et organes de suivi essentiels
du Conseil de l’Europe devrait également être promue et facilitée (paragraphe
4.2 de la recommandation de l’Assemblée). Il note que l’Union européenne
est déjà partie à dix conventions du Conseil de l’Europe
Note. Par ailleurs, les discussions se
poursuivront concernant la participation de l’UE au GRECO, les modalités
d’une éventuelle évaluation de la quatrième directive de l’UE contre
le blanchiment des capitaux par MONEYVAL lorsqu’elle entrera en
vigueur, l’achèvement de la modernisation de la convention du Conseil
de l’Europe sur la protection des données, ainsi que l’éventuelle
adhésion de l’UE à d’autres instruments du Conseil de l’Europe disposant
de mécanismes de suivi distincts, comme la Convention sur la prévention
et la lutte contre la violence à l’égard des femmes et la violence
domestique (Convention d’Istanbul), la Convention sur la protection
des enfants contre l’exploitation et les abus sexuels (Convention
de Lanzarote) et la Convention du Conseil de l’Europe relative au
blanchiment, au dépistage, à la saisie et à la confiscation des
produits du crime et au financement du terrorisme (Convention de
Varsovie), que l’UE a déjà signée. Afin de faciliter ces futures
adhésions, le Comité des Ministres souscrit cependant à l’analyse
du Secrétaire Général dans son rapport sur le passage en revue des
conventions du Conseil de l’Europe, affirmant que «[cette] adhésion
[…], parallèlement à celle de ses Etats membres ou en lieu et place
de celle de ses Etats membres, peut en fait avoir un certain nombre
de conséquences sur le fonctionnement des conventions concernées
[…] et sur la coordination de l’action menée par l’UE et ses Etats
membres lors des prises de position et/ou des votes»
Note.
7. Le Comité est convaincu que les nouveaux points à l’ordre
du jour de la politique de l’Union européenne dans les domaines
de la liberté, de la sécurité et de la justice pour la période 2015-2020
offriront des possibilités supplémentaires de renforcer la cohérence
et la complémentarité (paragraphe 4.3 de la recommandation de l’Assemblée).
Début 2015, le Conseil de l’Europe a formulé des commentaires sur
les projets de Directives de l’UE concernant la préparation de la
législation de l’UE visant à renforcer les droits procéduraux des
suspects ou des personnes poursuivies dans le cadre des procédures
pénales, qui se fonde sur les normes du Conseil de l’Europe. Ce
type de consultation est aussi mené dans les domaines de la lutte contre
le terrorisme et de la lutte contre la discrimination.
8. Le Comité encourage une coopération active avec l’Union européenne
dans la mise en œuvre du nouveau «Cadre pour renforcer l’Etat de
droit» au sein des Etats membres de l’Union européenne (paragraphe 4.4
de la recommandation de l’Assemblée). L’Etat de droit étant l’un
des trois piliers du Conseil de l’Europe depuis sa création, l’Organisation
possède une longue expérience en la matière et apporte une contribution précieuse
à l’Union européenne dans la mise en œuvre de ce nouveau cadre.
Toute initiative devrait tenir compte du Mémorandum d’accord afin
d’éviter les doubles emplois et de garantir une valeur ajoutée.
9. Le Comité reconnaît l’importance de développer des synergies
appropriées entre les mécanismes et organes de suivi du Conseil
de l’Europe et tout nouveau mécanisme que l’Union européenne pourrait
mettre en place (paragraphe 4.5 de la recommandation de l’Assemblée).
A cette fin, les contacts se sont intensifiés en vue de renforcer
les synergies entre l’Union européenne et les organes consultatifs
et de suivi du Conseil de l’Europe. Comme souligné dans le rapport
soumis au Comité des Ministres lors de sa 125e Session, l’UE appelle
activement les Etats candidats et les Etats négociant des accords
d’association avec elle à tirer parti de l’expertise du Conseil
de l’Europe, notamment celle de la Commission de Venise. En outre,
la Commission européenne pour l’efficacité de la justice (CEPEJ)
du Conseil de l’Europe fournit des données sur le fonctionnement
des systèmes judiciaires des 28 Etats membres de l’Union européenne,
utilisées pour le «Tableau de bord de la justice» annuel de la Commission
européenne. La coopération s’est en outre bien développée entre
le Conseil de l’Europe et l’Agence des droits fondamentaux de l’Union
européenne (FRA) dans divers domaines, sur la base de leurs mandats,
compétences et atouts respectifs, comme l’illustre la publication
de plusieurs manuels communs.
10. Le Comité des Ministres partage l’opinion de l’Assemblée parlementaire
selon laquelle le Conseil de l’Europe devrait chercher à contribuer
activement aux futurs colloques de l’Union européenne sur la situation des
droits de l’homme en Europe, y introduisant ainsi la perspective
et le savoir-faire du Conseil de l’Europe (paragraphe 4.6 de la
recommandation de l’Assemblée). Le Comité des Ministres réaffirme
également son engagement ferme en faveur du renforcement du système
de protection des droits de l’homme en Europe, système qui repose
sur la Convention européenne des droits de l’homme.
11. L’Assemblée parlementaire demande au Comité des Ministres
de sensibiliser l’opinion publique au partenariat et aux synergies
développées par le Conseil de l’Europe et l’Union européenne, dans
le contexte notamment de l’adhésion de l’Union européenne à la Convention
européenne des droits de l’homme (paragraphe 5 de la recommandation
de l’Assemblée). Le Comité des Ministres note que, selon le Mémorandum
d’accord, le Conseil de l’Europe et l’Union européenne doivent améliorer
«leur coopération en matière de communication en vue de mieux faire
connaître et comprendre leurs valeurs partagées ainsi que leur partenariat
à la population en général comme à des publics spécialisés». Le
Bureau de liaison du Conseil de l’Europe à Bruxelles et la délégation
de l’Union européenne à Strasbourg ont grandement contribué au développement
du partenariat à tous les niveaux, ainsi qu’à sa visibilité. Le
Comité convient que, dans ce contexte, la sensibilisation autour
de la question de l’adhésion de l’Union européenne à la Convention européenne
des droits de l’homme pourrait encore être améliorée.