Tous les décideurs politiques, à tous les niveaux (y compris
l’Assemblée parlementaire, l’Union européenne et l’OMS), doivent
s’accorder pour améliorer l’état de préparation aux situations d’urgence
au niveau international, y compris par des changements législatifs.
L’Assemblée parlementaire recommande donc aux Etats membres de travailler
ensemble avec ces décideurs politiques:
4.1 pour conférer à l’OMS le rôle de chef de file dans la
gestion des urgences de santé publique de portée internationale,
et veiller à ce qu’elle dispose des pouvoirs nécessaires et d’un
financement stable pour appliquer efficacement le Règlement sanitaire
international, suivre sa mise en œuvre, et renforcer son mécanisme
de réponse rapide;
4.2 pour assurer une coopération, une coordination et un suivi
efficaces entre l’OMS, l’Union européenne, d’autres agences spécialisées
des Nations Unies, le Centre européen de prévention et de contrôle
des maladies, et les organisations internationales non gouvernementales
pertinentes;
4.3 pour participer activement à l’Assemblée mondiale de la
santé afin de garantir la bonne gouvernance de l’OMS, tout en assurant
la promotion et le suivi des efforts de réforme, y compris la transparence
dans la composition des panels d’experts;
4.4 pour bâtir des systèmes de santé résilients au niveau
national, en mettant en place des stratégies de prévention et de
gestion des grands risques sanitaires publics prévoyant notamment
un système de détection précoce, la collecte de données précises,
la disponibilité d’outils de diagnostic et de traitement, et un
suivi continu en temps réel afin d’améliorer les résultats conformément
aux recommandations internationales;
4.5 pour mettre en place une structure financière pour la
gestion des risques pandémiques qui puisse débloquer des ressources
suffisantes en vue de répondre aux besoins prioritaires, et pour
apporter un soutien financier adéquat aux programmes de promotion
de la santé publique aux niveaux local, régional, national et international;
4.6 pour promouvoir l’engagement et la mobilisation de la
communauté en tant qu’éléments essentiels de tout plan d’action pour
traiter les urgences internationales de santé publique;
4.7 pour développer des partenariats entre le secteur public
et le secteur privé, en particulier en ce qui concerne la communication,
les systèmes de gestion de l’information, la logistique, l’approvisionnement
en fournitures et matériels médicaux nécessaires, et la mobilisation
des personnels de santé;
4.8 pour créer et collaborer avec les équipes sanitaires spéciales
internationales d’intervention rapide, constituées notamment de
spécialistes de la santé publique, de médecins, d’infirmières et d’autres
agents de santé communautaires, qui devraient être dûment protégés
contre les risques et avoir suivi une formation spécifique, en veillant
à ce qu’ils puissent être évacués en toute sécurité le cas échéant;
4.9 pour faciliter la mise à disposition des connaissances
scientifiques et des informations en temps voulu pour toutes les
parties prenantes, notamment grâce à un système ouvert de partage
de données des études épidémiologiques, génomiques, cliniques et
anthropologiques, entre les universitaires et les acteurs sur le
terrain;
4.10 pour promouvoir la recherche et le développement de médicaments,
de dispositifs de diagnostic et de vaccins, dans un esprit de solidarité,
avec une recherche appropriée prête à être testée lors d’une épidémie,
en vue de créer des procédures accélérées d’autorisation et de s’assurer
que les médicaments ou vaccins ainsi mis au point sont accessibles
et abordables, en particulier pour les patients vulnérables, en
faisant des réserves appropriées de médicaments et de traitements
selon des conditions strictes de sécurité;
4.11 en cas d’urgence de santé publique engendrée par une maladie
transmissible, pour concevoir et mettre en œuvre avec soin toute
mesure de contrôle de santé publique visant à diminuer les risques susceptibles
de porter atteinte aux droits et aux libertés individuels (mise
en quarantaine, éloignement social, contrôle aux frontières et limitation
des déplacements, par exemple);
4.12 à la suite d’une urgence de santé publique, pour prévoir
des mesures de réadaptation et d’aide psychologique afin d’éviter
que les survivants ne continuent d’être discriminés et que les patients handicapés
ne soient davantage stigmatisés.