Pour une convention européenne sur la profession d’avocat
Réponse à Recommandation
| Doc. 14825
| 05 février 2019
- Auteur(s) :
- Comité des Ministres
- Origine
- Adoptée lors de la 1335e réunion
des Délégués des Ministres (30 janvier 2019). 2019 - Commission permanente de mars
- Réponse à Recommandation
- : Recommandation 2121
(2018)
1. Le Comité des Ministres rappelle sa réponse
intérimaire par laquelle il a informé l’Assemblée parlementaire
qu’il a communiqué sa
Recommandation
2121 (2018) «Pour une convention européenne sur la profession
d’avocat» au Comité directeur pour les droits de l’homme (CDDH),
au Comité européen de coopération juridique (CDCJ), au Comité européen
pour les problèmes criminels (CDPC) et à la Commission européenne
pour l’efficacité de la justice (CEPEJ) et qu’à la demande de ces
comités, une extension du délai de consultation leur a été accordée
jusqu’à la fin de l’année 2018 afin de leur permettre de discuter
de ces questions lors d’une réunion plénière de leurs comités respectifs.
2. Le Comité des Ministres a examiné attentivement la
Recommandation 2121 (2018) de
l’Assemblée parlementaire à la lumière des avis qui lui ont été
transmis par ces comités.
3. Le Comité des Ministres convient avec l’Assemblée que les
avocats ont un rôle essentiel dans l’administration de la justice
et que le libre exercice de la profession d’avocats est indispensable
à une pleine mise en œuvre du droit fondamental à un procès équitable
tel que garanti par l’article 6 de la Convention européenne des
droits de l’homme. A cet égard, le Comité des Ministres est préoccupé
par les menaces qui pèsent, dans certains contextes nationaux, sur
la sécurité et l’indépendance des avocats et sur leur capacité à
exercer de manière effective leurs activités professionnelles. Cela
est particulièrement le cas des avocats de la défense dans les procédures
pénales.
4. Le Comité des Ministres note que sa Recommandation n° R(2000)21
sur la liberté d’exercice de la profession d’avocat constitue toujours
un instrument de référence mais convient que, presque vingt ans
après son adoption, sa mise en œuvre dans les États membres pourrait
être évaluée et même améliorée, notamment par des activités de formation
dans le cadre de la coopération bilatérale. Il encourage ainsi les
comités et services compétents du Conseil de l’Europe à renforcer
leur action dans ce domaine. Il estime souhaitable de tenir compte
des défis auxquels sont confrontés les avocats dans la société d’aujourd’hui
et dans la pratique quotidienne de leurs activités professionnelles,
et d’adopter des dispositions adaptées et efficaces pour assurer
la protection et l’indépendance dont ils ont besoin.
5. S’agissant d’une perspective à plus long terme, le Comité
des Ministres note que la proposition de l’Assemblée parlementaire
d’élaborer une convention relative à la profession d’avocat (§7.1
de la recommandation) retient l’intérêt des comités consultés. Il
note également la nécessité, avant de se lancer dans son éventuelle
élaboration, d’examiner davantage la valeur ajoutée et l’efficacité
d’un tel instrument contraignant en terme d’augmentation du niveau
de protection, voire d’explorer d’autres pistes permettant de répondre
aux préoccupations de l’Assemblée parlementaire. Une nouvelle convention
présenterait une valeur ajoutée à la condition d’offrir un niveau
de protection des avocats plus élevé que celui prévu par les instruments existants
en leur garantissant l’indépendance professionnelle et la sécurité
nécessaires. Ainsi, au vu de l’importance pour l’état de droit et
la protection des droits fondamentaux d’une profession juridique indépendante,
le Comité des Ministres est favorable à la réalisation d’une étude
de faisabilité sur la base de laquelle il décidera de l’opportunité
d’engager l’élaboration d’une nouvelle convention essentiellement
axée sur la protection des avocats dans l’exercice de leur profession.
6. Le Comité des Ministres charge son Comité directeur sur la
coopération juridique (CDCJ), en étroite consultation avec les autres
comités compétents, et en particulier le Comité européen pour les
problèmes criminels (CDPC), de préparer, pour la fin de l’année
2019, une étude de faisabilité portant sur les éléments suivants:
a identifier la valeur ajoutée potentielle
de la rédaction d'une convention, en tenant compte de la protection offerte
par d'autres instruments du Conseil de l'Europe, en particulier
la Convention européenne des droits de l'homme et la jurisprudence
de la Cour européenne des droits de l'homme,
b identifier et évaluer les alternatives éventuelles à la
rédaction d'une convention, telles que, par exemple, une nouvelle
recommandation ou des lignes directrices,
c définir, le cas échéant et en fonction des conclusions
relatives aux points a et b, une première ébauche relative au champ
d’application personnel et matériel d’une convention,
d rédiger, le cas échéant et en fonction des conclusions
relatives aux points a et b, une première ébauche de projet de mandat
d’un comité d’experts chargé d’élaborer la convention et fournir
des conseils sur les méthodes de travail appropriées.
7. S’agissant de la proposition de création d’un mécanisme d’alerte
précoce dédié aux avocats (§7.2), le Comité des Ministres note que
l’Assemblée a formulé une proposition similaire pour les défenseurs
des droits humains dans sa
Recommandation
2133 (2018) «Assurer la protection des défenseurs des
droits de l’homme dans les États membres du Conseil de l’Europe».
A ce stade, le Comité des Ministres estime préférable de ne pas
multiplier les structures d’alerte visant à assurer la protection
des différentes professions engagées dans la défense des droits
humains. Il examinera ultérieurement le bien-fondé de cette proposition,
à la lumière de l’étude de faisabilité précitée et de la pratique
des procédures et mécanismes d’alerte existants.
8. Enfin, pour ce qui est de la mise en œuvre de la
Recommandation 2085 (2016) de
l’Assemblée «Renforcer la protection et le rôle des défenseurs des
droits de l'homme dans les États membres du Conseil de l'Europe»
(§7.4 de la recommandation), le Comité des Ministres renvoie à sa
réponse du 5 avril 2017, ainsi qu’à sa réponse du 28 novembre 2018
à la
Recommandation 2133 (2018) de
l’Assemblée «Assurer la protection des défenseurs des droits de
l’homme dans les États membres du Conseil de l’Europe».