Nécessité d’un ensemble de normes communes pour les institutions du médiateur en Europe
Réponse à Recommandation
| Doc. 15089
| 25 février 2020
- Auteur(s) :
- Comité des Ministres
- Origine
- Adoptée lors de la 1367e réunion
des Délégués des Ministres (12 février 2020). 2020 - Deuxième partie de session
- Réponse à Recommandation
- : Recommandation 2163
(2019)
1. Le Comité des Ministres a examiné avec
attention la
Recommandation
2163 (2019) de l’Assemblée parlementaire intitulée «Nécessité
d’un ensemble de normes communes pour les institutions du médiateur
en Europe». Il l’a communiquée au Comité directeur pour les droits
de l'homme (CDDH) et à la Commission européenne pour la démocratie
par le droit (Commission de Venise), pour information et commentaires éventuels.
2. Dans sa Recommandation
CM/Rec(2019)6 aux
États membres sur le développement de l’institution de l’Ombudsman,
adoptée le 16 octobre 2019, le Comité des Ministres a exprimé «sa
vive préoccupation face à des conditions de travail complexes, des
menaces, des pressions et des attaques auxquelles les institutions de
l’Ombudsman ainsi que leur personnel sont parfois confrontés dans
les États membres». Il a également appelé les États membres «à prendre
toutes les mesures nécessaires pour protéger l’institution de l’Ombudsman contre
les menaces et le harcèlement» et souligné que «tout acte de représailles
ou d'intimidation à l'encontre de l’institution de l’Ombudsman et
de son personnel, ou à l'encontre d'individus qui coopèrent ou s'efforcent
de coopérer avec eux, devrait faire l'objet d'une enquête rapide
et approfondie, et les auteurs devraient être traduits en justice».
La recommandation énonce des principes fondamentaux pour le renforcement
de l’institution de l’Ombudsman, que les États sont appelés à mettre
en œuvre dans leur droit et pratiques internes pertinents. Il a
été convenu qu’un examen de la mise en œuvre de cette recommandation serait
réalisé dans un délai de cinq ans.
3. Par ailleurs, le 2 mai 2019, le Comité des Ministres a endossé
les Principes sur la protection et la promotion de l'institution
du Médiateur («les Principes de Venise»), élaborés par la Commission
de Venise en coopération avec les principales institutions internationales
actives dans ce domaine, dont le Commissaire aux droits de l'homme
du Conseil de l’Europe et le CDDH, le Haut-Commissariat des Nations
Unies aux droits de l'homme et l'Institut international de l'Ombudsman.
Le Comité se félicite que l’Assemblée parlementaire et le Congrès
des pouvoirs locaux et régionaux du Conseil de l’Europe aient également
apporté leur soutien à ces Principes.
4. Le Comité des Ministres prend note du fait que la Commission
de Venise entend encourager les institutions de Médiateur de ses
États membres, également avec l’aide de différentes associations d’institutions
de Médiateur régionales ou mondiales avec lesquelles la Commission
entretient une coopération active, à demander un avis à la Commission
sur tout projet d’amendement constitutionnel ou législatif qui les toucheraient
Note. Il note que
la Commission évaluera ces amendements constitutionnels ou législatifs
à la lumière des Principes de Venise et des recommandations pertinentes
du Comité des Ministres, et notamment la Recommandation CM/Rec(2019)6
précitée.
5. Le Comité des Ministres rappelle également qu’il a tenu, le
5 septembre 2019, un échange de vues informel, à l’initiative de
la Présidence française, sur la contribution des institutions nationales
des droits de l’homme et des médiateurs aux droits de l’homme et
à l’État de droit. Cette réunion a permis d’échanger, en présence
de représentants de ces institutions, sur les défis auxquels elles
font face et d’identifier des pistes de réflexion et d’actions futures
pour renforcer la coopération avec la Conseil de l’Europe. Le Comité
des Ministres est prêt à renouveler de tels échanges chaque fois
que cela sera nécessaire.
6. Le Comité des Ministres souligne enfin qu’il a chargé le CDDH
de réviser sa Recommandation Rec(97)14 aux États membres sur la
création d’institutions nationales indépendantes pour la promotion
et la protection des droits de l’homme. Cette révision sera réalisée
au cours du biennium 2020-2021.