Demande à l’Espagne de se conformer à la Convention-cadre pour la protection des minorités nationales, en particulier d’utiliser les langues minoritaires pour communiquer les informations sur les questions liées à la covid-19
Réponse à Question écrite
| Doc. 15225
| 15 février 2021
- Auteur(s) :
- Comité des Ministres
- Origine
- Adoptée lors de la
1395e réunion des Délégués des Ministres
(10 février 2021). 2021 - Deuxième partie de session
- Réponse à Question écrite
- : Question écrite n° 755 (Doc. 15172)
1. Le Comité des Ministres
a mis en place des procédures de suivi du respect par les États
membres de leurs engagements au titre de la Convention-cadre pour
la protection des minorités nationales (STE n°157). Le Comité consultatif
a adopté le 25 mai 2020 son dernier avis sur la mise en œuvre de
cette Convention par l’Espagne. Il suit la mise en œuvre des dispositions
du Traité en faveur de la communauté des Roms
Note d’Espagne. En
effet, ainsi que l’Espagne l’a dûment notifié, même si la notion
de minorités nationales au sens de la Convention-cadre n’est pas
reconnue en droit espagnol, les autorités du pays appliquent les
dispositions de la Convention-cadre aux Roms, y compris d’origine
étrangère, ainsi qu’aux citoyens espagnols de la «communauté gitane»
(Roms, Gitans), bien que ces citoyens ne constituent pas une minorité
nationale. À l’issue des observations transmises par les autorités
espagnoles en octobre 2020, l’avis a été examiné par le Groupe de
rapporteurs sur les droits de l'homme (GR-H) du Comité des Ministres
et transmis au Comité des Ministres qui a adopté la Résolution
CM/ResCMN(2021)6 sur la mise en œuvre de la Convention-cadre pour la
protection des minorités nationales par l’Espagne lors de sa 1394e réunion
le 3 février 2021.
2. Plus généralement, le Comité consultatif de la Convention-cadre
pour la protection des minorités nationales a adopté le 28 mai 2020
une
Déclaration sur la pandémie de covid-19 et les minorités nationales en
observant à cet égard que les membres de ces minorités ont souvent
manqué d’informations pertinentes dans les langues minoritaires.
Il en a conclu que les États membres devraient prendre en compte
les dispositions de la Convention-cadre et les recommandations pertinentes
élaborées par le Comité consultatif, ainsi que les autres normes
du Conseil de l'Europe sur les droits de l'homme et la non-discrimination
comme des guides pour les aider à gérer le plus efficacement possible
les diverses difficultés survenant pendant et après la pandémie
de covid-19. Il indique également qu’il est ouvert au dialogue avec
les États parties à la Convention-cadre.
3. Une orientation plus spécifique concernant les langues minoritaires
et la pandémie de covid-19 est énoncée dans la déclaration du 25
mars 2020 du Comité d'experts de la Charte européenne des langues régionales
ou minoritaires sur la communication dans les langues régionales
ou minoritaires en cas de crises sanitaires mondiales. Le Comité
d'experts y souligne l’importance cruciale d’une communication des recommandations
pertinentes dans les langues régionales ou minoritaires, tant pour
garantir la pleine efficacité des mesures de lutte contre la pandémie
de covid-19 que pour le bien-être des locuteurs de ces langues.
Il estime que c’est une exigence pour les États membres du Conseil
de l'Europe qui ont ratifié la Charte européenne des langues régionales
ou minoritaires (STE n°148), comme l’Espagne.
4. L’évaluation du respect des engagements des États membres
au titre de la Charte européenne des langues régionales ou minoritaires
est réalisée conformément aux dispositions de cette convention.
L’Espagne fait actuellement l’objet du cinquième cycle de suivi.