Dépenses de l’Assemblée parlementaire pour l'exercice biennal 2022-2023
- Auteur(s) :
- Assemblée parlementaire
- Origine
- Texte
adopté par la Commission permanente, agissant au nom
de l’Assemblée, le 28 mai 2021 (voir Doc. 15283, rapport de la commission du Règlement, des immunités
et des affaires institutionnelles, rapporteur: M. Tiny Kox).
1. Conformément
à la Résolution (53) 38 sur le régime budgétaire de l’Assemblée
consultative adoptée par le Comité des Ministres, et à l’article
20 du Règlement financier, l’Assemblée parlementaire émet chaque année
un avis sur les dépenses la concernant. Les dotations allouées à
l’Assemblée au sein du budget ordinaire du Conseil de l’Europe couvrent
ses dépenses de personnel et les coûts associés à son fonctionnement,
y compris ceux de ses groupes politiques. Depuis 2010, l’Assemblée
présente l’avis concernant ses propres dépenses sous la forme d’une
résolution.
2. La pandémie de covid-19 a rendu l’année 2020 très compliquée
pour les États membres du Conseil de l’Europe et leurs populations,
et l’Assemblée elle-même a dû surmonter l’impact considérable de
la pandémie sur son propre fonctionnement. Elle y est parvenue en
adaptant ses procédures et ses méthodes de travail, et en modifiant
son Règlement, conformément à ses
Résolutions 2349 (2020) «Modification du Règlement de l’Assemblée relative aux
modalités alternatives d’organisation des parties de session de
l’Assemblée parlementaire» et 2350 (2020) «Modification du Règlement
de l'Assemblée», lui permettant de tenir les réunions de ses commissions,
des réunions de la Commission permanente élargie et, depuis janvier 2021,
ses parties de session selon des modalités alternatives.
3. Les nouvelles technologies de vidéoconférence (notamment la
plateforme KUDO avec interprétation en cinq langues) ont permis
à l’Assemblée de poursuivre ses activités de manière effective en
2020 et de surmonter les nombreuses restrictions touchant les déplacements
de ses membres. Néanmoins, les réunions à distance ont entraîné
des coûts élevés pour l’Assemblée. Cette charge financière supplémentaire
a pu être couverte par des économies réalisées dans d’autres secteurs
de dépenses de l’Assemblée.
4. L’Assemblée se félicite de la décision prise par le Comité
des Ministres de mettre en œuvre une stratégie numérique afin de
relever les défis liés à l’augmentation exponentielle des demandes
de réunions par vidéoconférence pour assurer la continuité de ses
propres activités et celles des autres secteurs du Conseil de l’Europe
en temps de crise.
5. L’Assemblée espère, une fois la nouvelle stratégie numérique
mise en œuvre, pouvoir être libérée des contraintes budgétaires
liées à l’utilisation de la plateforme KUDO et être dotée d’outils
informatiques permettant à ses parlementaires de travailler plus
efficacement. Pour sa part, elle a déjà amorcé le virage de la modernisation
technologique avec l’enregistrement en ligne de ses membres aux
réunions des commissions et des parties de session, ainsi que des
orateurs et des suppléants, un système de vote électronique sécurisé pour
l’élection des juges à la Cour européenne des droits de l’homme
et des hautes personnalités de l’Organisation; elle poursuivra cette
transformation en vue de devenir une Assemblée «sans papier».
6. Rappelant sa
Résolution
2349 (2020) et l’importance de garantir la permanence de son action
en tant que forum paneuropéen de dialogue interparlementaire, l’Assemblée
réaffirme également l'importance de continuer à fonder ses travaux
sur des réunions avec la présence physique de ses membres, propices
à la richesse des échanges autant qu’indispensables au travail d’une
organisation multilatérale. Les réunions en ligne doivent être considérées
comme des méthodes de travail complémentaires offrant une plus grande flexibilité
et comme des mesures exceptionnelles en réponse à des circonstances
exceptionnelles.
7. Par ailleurs, l’année 2020 s’est également avérée propice
à une réflexion approfondie, qui a donné lieu à l’élaboration d’un
nouveau cadre stratégique présenté par la Secrétaire Générale du
Conseil de l’Europe, reflétant les priorités de la mission du Conseil
de l’Europe pour 2022-2025. De son côté, l’Assemblée a adopté, à
sa partie de session d’avril 2021, la
Résolution 2369 (2021) «La vision de l'Assemblée sur les priorités stratégiques
du Conseil de l'Europe».
8. L’Assemblée se félicite que ce nouveau cadre stratégique quadriennal
mette en œuvre la proposition de planification budgétaire pluriannuelle
qu’elle avait formulée il y a plus de dix ans, dans son
Avis 272 (2009) «Budgets du Conseil de l’Europe pour l’exercice 2010»,
en plaidant pour que le Conseil de l’Europe planifie ses travaux
à plus long terme. Un tel cadre contribue à renforcer la cohésion,
la continuité, la stabilité, la transparence et la prévisibilité.
9. L’Assemblée, en tant que l’un des deux organes statutaires
du Conseil de l’Europe et moteur politique de l’Organisation, entend
jouer efficacement son rôle, et pour cela devrait disposer de moyens supplémentaires,
en particulier après des années de réduction de ses dépenses. C’est
pourquoi une attention particulière devrait être accordée dans le
budget du prochain cycle budgétaire aux besoins de l’Assemblée. Des
moyens supplémentaires ne doivent pas être considérés comme des
coûts supplémentaires, mais plutôt comme un investissement indispensable
à l’efficacité du Conseil de l’Europe.
10. Dans ce contexte, l’Assemblée prend note du fait que la rénovation
de l’hémicycle du Palais de l’Europe, prévue dans le Plan directeur
d’investissement mais reportée sine die du
fait de la pandémie de covid-19, sera menée à bien dans le courant
de l’exercice biennal 2022-2023, de sorte qu'il devrait pouvoir
être utilisé à pleine capacité dans la seconde moitié du cycle quadriennal
2022-2025.
11. Le budget de l’Assemblée devrait également permettre un fonctionnement
plus viable des groupes politiques, considérés comme l’épine dorsale
de l’Assemblée. Une discussion sur la manière d’évoluer vers une
approche flexible du budget des groupes politiques et d'assurer
leur viabilité financière doit être initiée par l'Assemblée, afin
de s’assurer que la création ou la disparition d'un groupe politique
n'affecte pas le fonctionnement des groupes existants. La création
d’un ou plusieurs nouveaux groupes politiques induira une charge
supplémentaire sur les dépenses opérationnelles de l’Assemblée qui
pourra être couverte uniquement par une augmentation du budget de
l’Assemblée. Entre-temps, d’autres solutions devront être également explorées
le plus tôt possible.
12. L’Assemblée, en tant que plateforme politique multilatérale,
associe des parlementaires de 47 États membres, observateurs et
partenaires pour la démocratie à l’identification de problématiques
nouvelles et de défis émergents, et à la diffusion de recommandations
et de bonnes pratiques pour y répondre. Dans ce contexte, elle renforcera
son action dans le triangle dynamique des activités normatives,
de suivi et de mise en œuvre/coopération en améliorant les synergies
entre sa procédure de suivi et celles d’autres organes ou mécanismes
de suivi ou consultatifs dans d’autres secteurs de l’Organisation.
13. L’Assemblée continuera de mettre l’accent dans ses travaux
sur les conséquences de la pandémie de covid-19 dans la vie des
citoyens européens. Les défis sociaux auxquels sont confrontées
aujourd’hui les populations européennes du fait de la pandémie exigeront
une plus grande attention de la part du Conseil de l’Europe et de
son Assemblée pour veiller à ce que les droits économiques et la
protection sociale des Européens continuent d’être garantis. L’Assemblée
poursuivra également sa réflexion et ses travaux sur les nouveaux
défis liés à l’émergence des nouvelles technologies, en particulier
l’intelligence artificielle, afin de prévenir tout impact négatif
potentiel que leur utilisation pourrait avoir sur les droits humains,
l'État de droit et la démocratie. Dans ces domaines, elle a déjà
fourni au Comité des Ministres ainsi qu’aux États membres un large
éventail d’analyses, de propositions et de lignes directrices.
14. L’Assemblée maintiendra également ses priorités actuelles,
notamment la mise en œuvre de la Convention européenne des droits
de l’homme (STE no 5) et la surveillance
de l’exécution des arrêts de la Cour européenne des droits de l’homme
dans tous les États membres. Elle réitère en outre son ferme soutien à
la réalisation des Objectifs de développement durable (ODD) tels
qu'ils sont définis dans l'Agenda 2030 des Nations Unies. Se référant
à sa
Résolution 2271
(2019) et à sa
Recommandation
2150 (2019) «Renforcement de la coopération avec les Nations Unies
dans la mise en œuvre du Programme de développement durable à l'horizon
2030», elle entend contribuer par son travail de réflexion et de
propositions à l'accélération du rythme de la mise en œuvre des
ODD par les États membres en vue de la réalisation de l'Agenda 2030.
15. Enfin, l’Assemblée est tout à fait disposée à intensifier
la coopération interinstitutionnelle avec la Secrétaire Générale
et le Comité des Ministres ainsi qu’avec le secteur intergouvernemental
dans son ensemble, et à examiner toutes les voies possibles d’amélioration
en vue de renforcer l’impact global du Conseil de l’Europe au niveau
de ses États membres, ainsi que des États bénéficiant du statut
d'observateur et de partenaire pour la démocratie.
16. On trouvera en annexe à la présente résolution une brève explication
des principales dépenses de l’Assemblée.
Annexe – Dépenses de l’Assemblée
Dépenses de personnel
1. Cette dotation couvre les salaires
de base, les indemnités (non récurrentes comme périodiques) et la couverture
sociale des agents permanents du secrétariat de l’Assemblée ainsi
que ceux des agents temporaires.
2. Les informations fournies sont fondées sur la structure actuelle
de l’Assemblée composée de neuf commissions. Au 1er avril
2021, le secrétariat compte 82 postes et fonctions permanents, 1 poste
hors cadre (Secrétaire Générale de l’Assemblée parlementaire), répartis
comme suit:
|
Postes permanents
|
|
2 A6
|
6 B5
|
|
7 A5
|
9 B4
|
|
9 A4
|
17 B3
|
|
26 A2/A3
|
6 B2
|
3. À l’heure actuelle, le secrétariat
de l’Assemblée est organisé de telle manière que les neuf commissions ont
à leur service 43 agents (dont 27 agents permanents de grade A et
16 agents permanents de grade B).
4. Les 39 autres agents travaillent pour le Bureau de l’Assemblée,
le Cabinet du Président de l’Assemblée, le Service de la séance,
la Division de l’observation des élections, la Division de soutien
de projets parlementaires, la Division centrale, la Division de
la communication et l’Unité des technologies de l’information.
Dépenses opérationnelles
1. Au cours de ces dernières années,
l’Assemblée a réalisé des économies substantielles en rationalisant son
travail pour réduire ses dépenses opérationnelles. Depuis 2020,
le retour à une croissance réelle zéro du budget de l’Organisation
(c’est-à-dire un budget augmenté du montant de l’inflation) a permis
de stabiliser pour l’exercice biennal 2020-2021 les ressources dont
dispose l’Assemblée. Pour le prochain cycle budgétaire quadriennal
(c’est-à-dire les deux exercices budgétaires biennaux pour 2022-2023
et 2024-2025), la base de travail doit rester le principe d’une
croissance réelle zéro.
2. Le fonctionnement de l’Assemblée couvre les missions suivantes:
- la tenue de la session ordinaire,
divisée en quatre parties (qui ont lieu en janvier, en avril, en
juin et en septembre-octobre de chaque année);
- les réunions de la Commission permanente se tenant entre
les parties de session de l’Assemblée, au rythme de trois réunions
par an;
- les réunions en dehors des quatre parties de session de
l’Assemblée, pour chacune des neuf commissions générales, les sous-commissions,
les commissions ad hoc de l’Assemblée ou du Bureau;
- les réunions de commissions et de sous-commissions tenues
en dehors de Strasbourg ou de Paris;
- les conférences, colloques, séminaires et auditions parlementaires;
- les activités relevant du programme de coopération interparlementaire
de l’Assemblée;
- les visites de rapporteurs dans le cadre de la préparation
de rapports, y compris dans les pays soumis à la procédure de suivi
des obligations et engagements des États membres ou de dialogue
postsuivi;
- l’observation des élections;
ainsi que
la modernisation de ses outils de travail lui permettant de parvenir
à terme à une Assemblée «sans papier».
3. En 2022-2025, l’Assemblée continuera de mener ses missions
prioritaires et poursuivra ses objectifs conformément à sa
Résolution 2277 (2019) «Rôle et mission de l’Assemblée parlementaire: principaux
défis pour l’avenir», et à sa
Résolution
2369 (2021, pour en particulier:
- continuer
à être le moteur politique de l’Organisation, en relevant les défis
que posent les droits humains, l’État de droit et la démocratie,
au niveau tant national que régional, et en donnant la priorité
aux mesures visant à assurer le bon fonctionnement des démocraties,
dans le respect de la primauté du droit;
- soutenir la mise en œuvre efficace de plusieurs normes
novatrices du Conseil de l’Europe au niveau national, notamment
en sensibilisant le public;
- assurer la participation des parlementaires à la promotion
et à la mise en œuvre de textes clés du Conseil de l’Europe, notamment
la Convention du Conseil de l’Europe sur la prévention et la lutte
contre la violence à l’égard des femmes et la violence domestique
(STCE no 210), et la Convention du Conseil de
l'Europe sur la protection des enfants contre l'exploitation et
les abus sexuels (STCE no 201);
- contribuer à la réalisation du Programme de développement
durable à l’horizon 2030 des Nations Unies;
- contribuer à la mise en œuvre de diverses stratégies pluriannuelles
transversales du Conseil de l’Europe (notamment dans les domaines
des droits de l’enfant, de l’égalité entre les femmes et les hommes,
et de la gouvernance d’internet);
- participer à la Stratégie du Conseil de l’Europe pour
l’égalité entre les femmes et les hommes 2018-2023, y compris au
sein de l’Assemblée, avec un accent particulier sur les droits humains
et la dimension de genre ainsi que sur l’élimination de la violence
faite aux femmes;
- aider les parlements nationaux à mieux contrôler la conformité
des lois avec les dispositions de la Convention européenne des droits
de l’homme et à renforcer leur capacité à vérifier l’exécution des arrêts
de la Cour européenne des droits de l’homme.
4. S’agissant de la coopération interparlementaire, l’Assemblée
poursuivra la mise en œuvre des différents programmes d’assistance
et de coopération adaptés aux besoins des institutions parlementaires,
en étroite collaboration avec le secrétariat de ses commissions.
Dans ce cadre, il convient de signaler qu’elle est partie prenante
d’un programme de coopération conjoint avec l’Union européenne concernant
spécifiquement le Parlement du Maroc (qui est un partenaire pour
la démocratie de l’Assemblée) afin de renforcer son rôle en tant
que garant de la démocratie parlementaire.
5. À ce titre, l’Assemblée remercie vivement les États membres
et leurs parlements (notamment l’Arménie, l’Autriche, la Belgique,
Chypre, la Finlande, la France, la Géorgie, le Luxembourg, le Portugal
et la Suisse) qui ont permis, par leurs contributions, à l’Assemblée
de financer des activités au cours de l’exercice biennal 2020-2021,
ainsi que le Gouvernement tchèque, la bibliothèque Václav Havel
et la Fondation Charte 77 qui contribuent généreusement au rayonnement
du prix des Droits de l’homme Václav Havel.
6. Par ailleurs, l’Assemblée poursuivra, au cours du prochain
cycle quadriennal, sa recherche de financement pour d’importants
projets spécifiques devant être réalisés par certaines de ses commissions:
- la promotion de la santé publique
grâce à l’action parlementaire, et l’autonomisation et la protection
des enfants grâce à l’action parlementaire;
- le réseau parlementaire pour le droit des femmes de vivre
sans violence;
- l’Alliance parlementaire contre la haine et ses cinq thèmes
prioritaires: le discours de haine, l’antisémitisme, l’islamophobie,
l’antitsiganisme et la transphobie.
7. En ce qui concerne le processus électoral, l’Assemblée continuera
d’observer les élections législatives et présidentielles dans les
pays faisant l’objet d’une procédure de suivi, en étroite collaboration
avec la Commission européenne pour la démocratie par le droit (Commission
de Venise).
8. Enfin l’Assemblée continuera également à soutenir ses groupes
politiques au travers de leur dotation calculée sur la base d’une
somme forfaitaire pour l’assistance administrative à chacun des
groupes existants et d’une dotation supplémentaire per capita qui varie en fonction
de la composition des groupes. Une réflexion sur la manière d’évoluer
vers une approche flexible du budget des groupes politiques et d'assurer
leur viabilité financière devrait être initiée par l'Assemblée,
afin que la création ou la disparition d'un groupe politique n'affecte
pas le fonctionnement des groupes existants. La création d’un ou
plusieurs nouveaux groupes politiques imposerait une charge supplémentaire
sur ses dépenses opérationnelles qui ne pourrait être couverte que
par une augmentation du budget de l’Assemblée.