Les interfaces cerveau-machine: nouveaux droits ou nouveaux dangers pour les libertés fondamentales?
Réponse à Recommandation
| Doc. 15463
| 02 mars 2022
- Auteur(s) :
- Comité des Ministres
- Origine
- Adoptée lors de la
1426e réunion des Délégués des Ministres
(23 février 2022). 2022 - Deuxième partie de session
- Réponse à Recommandation
- : Recommandation 2184
(2020)
1. Le Comité des Ministres
a examiné attentivement la
Recommandation
2184 (2020) de l'Assemblée parlementaire «Les interfaces cerveau-machine:
nouveaux droits ou nouveaux dangers pour les libertés fondamentales?»,
qu'il a transmise au Comité de bioéthique (DH-BIO), au Comité ad
hoc sur l'intelligence artificielle (CAHAI) et au Comité européen
des Droits sociaux (CEDS) pour information et commentaires éventuels.
2. Le Comité reconnait pleinement l’importance des questions
soulignées par l'Assemblée dans sa
Résolution 2344 (2020) en ce qui concerne les développements dans le domaine
des neurotechnologies et les préoccupations qu'ils soulèvent sur
un large éventail de questions, notamment l'intégrité, la dignité,
la vie privée, l'autonomie, la justice et la discrimination.
3. En ce qui concerne le paragraphe 2.1 de la recommandation,
le Comité informe l'Assemblée que le DH-BIO a publié en octobre
2021 un rapport sur les «Défis communs en matière de droits de l'homme
soulevés par les différentes applications des neurotechnologies
dans le domaine biomédical». Ce rapport a été suivi, le 9 novembre
2021, d'une table ronde co-organisée par le Conseil de l'Europe
et l'OCDE sur «Neurotechnologies et Droits de l'Homme: Avons-nous
besoin de nouveaux droits?» Les conclusions de cet événement seront
examinées et développées en 2022 par le Comité directeur pour les
droits de l'homme dans les domaines de la biomédecine et de la santé
(CDBIO), nouvellement créé, en coopération avec le Comité consultatif
de la Convention pour la protection des personnes à l’égard du traitement
automatisé des données à caractère personnel (T-PD), l'UNESCO et
l'OCDE, en vue d'identifier des pistes d'action possibles.
4. En ce qui concerne le paragraphe 2.2 de la recommandation
de l'Assemblée, il est rappelé que, lors de sa 131e Session
ministérielle à Hambourg le 21 mai 2021, le Comité des Ministres
a pris note de l'étude de faisabilité adoptée par le CAHAI sur un
cadre juridique pour le développement, la conception et l’application de
l’intelligence artificielle, fondé sur les normes du Conseil de
l’Europe en matière de droits de l’homme, de démocratie et d’État
de droit. Le Comité des Ministres a décidé d'accorder la priorité
à ces travaux et a invité ses Délégués, tout en examinant l'ensemble
des options possibles, à se concentrer particulièrement sur un éventuel
cadre juridique pouvant être composé d'un instrument juridique contraignant
à caractère transversal, incluant notamment des principes généraux
communs, ainsi que d'instruments supplémentaires contraignants ou
non contraignants pour relever les défis liés à l'application de
l'intelligence artificielle dans des secteurs spécifiques, en vue
d’entamer des négociations sur l'instrument transversal d'ici la
132e Session ministérielle en mai 2022.
Les travaux sur l’instrument juridique adéquat susmentionné seront
désormais menés par le nouveau Comité sur l'intelligence artificielle
(CAI).
5. Le Comité des Ministres gardera à l'esprit la recommandation
de l'Assemblée de prendre en compte l'impact potentiellement unique
et sans précédent sur les droits de l'homme de l'utilisation de
l'intelligence artificielle en relation avec les systèmes d'interface
cerveau-machine dans les travaux futurs dans ce domaine.