Crise climatique et État de droit
Réponse à Recommandation
| Doc. 15466
| 02 mars 2022
- Auteur(s) :
- Comité des Ministres
- Origine
- Adoptée lors de la
1426e réunion des Délégués des Ministres
(23 février 2022). 2022 - Deuxième partie de session
- Réponse à Recommandation
- : Recommandation 2214
(2021)
1. Le Comité des Ministres
a examiné avec attention la
Recommandation
2214 (2021) de l’Assemblée parlementaire «La crise climatique et
l'État de droit» et partage l'avis de l'Assemblée parlementaire
selon lequel la crise climatique représente un défi majeur pour
toute l'humanité.
2. En réponse à l'appel de l'Assemblée parlementaire, le Comité
tient à souligner que le Conseil de l'Europe, en tant que pionnier
de la promotion de la protection de l'environnement, a élaboré plusieurs
traités dans ce domaine. Il s'agit notamment de la Convention relative
à la conservation de la vie sauvage et du milieu naturel de l’Europe
(Convention de Berne) de 1979, qui a été le premier traité international
à protéger à la fois les espèces et leur milieu et à réunir les
nations pour décider des mesures à prendre en matière de sauvegarde de
la nature, de la Convention sur la responsabilité civile des dommages
résultant d’activités dangereuses pour l’environnement de 1993 et
de la Convention sur la protection de l’environnement par le droit
pénal de 1998. La Convention de Berne, en particulier, a été ratifiée
par presque tous les États membres du Conseil de l'Europe et reste
pertinente à ce jour.
3. Le Comité des Ministres prend note de la proposition spécifique
5.1 de l'Assemblée parlementaire visant à intégrer les objectifs
du développement durable et de lutte contre la crise climatique
dans l’ensemble des activités et opérations du Conseil de l'Europe.
Lors de sa 1418e réunion budgétaire,
le Comité a adopté le Programme et Budget 2022-2025 du Conseil de
l'Europe. Cela inclut les mandats qui confient aux comités intergouvernementaux
de l'Organisation des tâches à accomplir au cours des quatre prochaines
années, y compris dans le domaine des objectifs susmentionnés. Par
exemple, le Comité, notant avec intérêt un certain nombre de recommandations
de l'Assemblée parlementaire sur les questions liées à la protection
de l’environnement et à la crise climatique et prenant en compte
les préoccupations de l’Assemblée parlementaire sur ces questions
importantes, a invité le Comité directeur pour les droits de l'homme
(CDDH), dans le cadre de ses travaux en cours sur les droits de
l'homme et l'environnement, à examiner la nécessité et la faisabilité d'un
instrument ou d’instruments additionnels.
4. En outre, le Comité européen pour les problèmes criminels
(CDPC) est chargé de préparer une étude sur la faisabilité et l’opportunité
de la modernisation de la Convention sur la protection de l’environnement
par le droit pénal (STE n° 172) ou de l’élaboration d’un nouvel
instrument d'ici la fin avril 2022. Le Comité européen sur la démocratie
et la gouvernance (CDDG) aborde les défis émergents tels que la
promotion de la durabilité environnementale de l'action publique,
notamment par la préparation d'un rapport sur l'administration publique verte
dans le but de collecter et de diffuser de bonnes pratiques et des
études de cas et de définir des orientations à l’intention des administrations
locales, régionales et nationales. Le Comité directeur de la culture, du
patrimoine et du paysage (CDCPP) établit à l’intention des États
parties à la Convention culturelle européenne et à d'autres conventions
pertinentes des normes, des politiques et des bonnes pratiques innovantes
en matière de gestion durable des ressources culturelles, patrimoniales
et paysagères, et reflétant des défis environnementaux et climatiques.
5. Outre cette liste non exhaustive d'activités spécifiques du
Conseil de l'Europe mentionnées ci-dessus, le Comité souhaite également
informer l’Assemblée parlementaire que les objectifs en matière
de développement durable et d’économies d’énergies figurent dans
les priorités de la Réforme administrative de l’Organisation, et
qu’à ce titre un monitoring régulier des avancées dans ce domaine
est présenté au Comité des Ministres.
6. D’ailleurs, le Comité souligne que l'Organisation est engagée
dans la réduction de sa propre empreinte carbone, notamment par
la gestion de la performance énergétique de ses bâtiments. À cette
fin, le Comité a récemment adopté des décisions visant à accélérer
le Schéma directeur immobilier («Capital Master Plan (CMP)»), qui
est le plan stratégique visant à gérer et à entretenir les biens
immobiliers du Conseil de l'Europe sur une période de 15 ans. L'objectif
est d'investir en temps voulu afin de réaliser des économies en
termes de consommation d'énergie et de coûts, le but étant de réduire
la consommation d'énergie de 40 % d'ici 2030 et d'être ainsi approuvé
par le Pacte vert. Cet objectif est de plus en plus important, non
seulement du point de vue du développement durable, mais aussi sur
le plan financier en raison de la nécessité de contenir la consommation
d'énergie dans un contexte de hausse des prix de l'énergie et d'un
budget à croissance réelle zéro qui présente un niveau fixe d'inflation
annuelle.
7. Dans le sillage des traités du Conseil de l’Europe en matière
de biodiversité, l'Organisation agit en faveur de la protection
de l’environnement en adoptant d'autres mesures d'écologisation,
notamment dans les domaines suivants: les installations, l’énergie,
la gestion des déchets et du papier, la restauration, les déplacements,
ou la santé. Ces mesures comprennent la gestion des espaces verts
où, par exemple, les pelouses sont tondues moins souvent et où aucun
pesticide ou produit chimique n'est utilisé. Par ailleurs, à l'occasion
de son 70e anniversaire, le Conseil de
l'Europe a signé la Charte sur la promotion de la biodiversité («Tous
unis pour plus de biodiversité») lancée par Strasbourg, ville hôte
de l'Organisation. D’autres mesures comprennent la suppression des
contenants plastique et le développement des fontaines à eau de
ville en remplacement des bouteilles d’eau, la réduction continue
de l’impression papier («zero paper policy»), ainsi que le remplacement
progressif du parc de voitures officielles par des véhicules hybride.
8. En outre, ceux qui occupent les bâtiments de l’Organisation
et bénéficient des services qui y sont dispensés sont invités à
adopter de bonnes pratiques individuelles. Le Comité rappelle que
selon certaines études, en adoptant les bons réflexes pour l’environnement,
les employés favorisent des économies qui sont rapidement plus importantes
que celles produites par les investissements réalisés dans les bâtiments
qu’ils occupent. Le Comité s'attend à ce que certaines des initiatives
écologiques qui ont été suspendues en raison des mesures sanitaires
actuelles soient rétablies dès que la situation épidémique le permettra,
comme les bocaux en verre réutilisables pour la restauration.
9. Enfin, le Comité se félicite des propositions de l'Assemblée
parlementaire visant à encourager les partenaires du Conseil de
l’Europe à mettre en œuvre les engagements des États en matière
de réduction des émissions de gaz à effet de serre et à renforcer
la coopération avec les autres organisations internationales afin
de consolider les initiatives prises pour faire face aux problèmes
de la crise climatique.