Malheureusement, les nouvelles formes de travail et de relations professionnelles ont généré des conditions de travail précaires. Dans ce contexte marqué par la précarité croissante de l’emploi, nous avons observé que la pandémie et l’accélération des changements dans les domaines socio-économique et du travail ont aggravé l’impact des problèmes de santé mentale sur les sociétés. Cette «pandémie» d’anxiété et de stress ne peut être imputée à des facteurs individuels; nous sommes en présence de toute une série de facteurs sociaux, politiques et professionnels qui la sous-tendent et qui ont des effets délétères sur la santé des gens. Le sentiment de vivre dans une crise permanente et l’instabilité liée à l’omniprésence de la précarité sont des facteurs clés de l’aggravation de ce phénomène.
L’un des principaux combats de la période que nous traversons doit être la lutte contre la précarité de l’emploi, articulée autour de quatre domaines principaux: la stabilité de l’emploi, la vulnérabilité, la baisse des revenus et le moindre accès de la population concernée aux prestations et allocations sociales.
Les rapports des organisations internationales telles que l’OIT et l’OMS confirment le lien entre la précarité de l’emploi et la santé mentale. Nous savons que les mauvaises conditions de travail ont un impact sur la façon dont les travailleurs abordent leur vie personnelle, familiale et professionnelle. Le Conseil de l’Europe doit ouvrir la discussion, et son Assemblée parlementaire doit analyser les conséquences de l’écosystème néfaste de la précarité de l’emploi sur la santé mentale, la vie quotidienne des travailleurs, l’espérance de vie, les conditions de vie actuelles et futures, en s’inspirant des expériences menées par certains États membres tels que l’Espagne, où le ministère du Travail a lancé une étude sur l’impact de la précarité de l’emploi sur la santé mentale.