Au vu de ces considérations, l’Assemblée appelle les États
membres et observateurs du Conseil de l’Europe, ainsi que les États
dont le parlement bénéficie du statut d’observateur ou de partenaire
pour la démocratie auprès de l’Assemblée:
10.1 à promouvoir la recherche scientifique dans les domaines
liés à la sexualité et à la reproduction, notamment la contraception,
afin de mettre à disposition des méthodes contraceptives innovantes,
y compris pour les hommes;
10.2 à encourager et à soutenir la recherche et les pratiques
médicales sensibles au genre;
10.3 à promouvoir la collecte de données visant à étendre et
à améliorer les services de soins de santé sexuelle et reproductive,
et à mieux comprendre les besoins des femmes et des filles et du
reste de la population à cet égard; et à promouvoir à cet effet
l’adoption de définitions et de méthodes de collecte de données
normalisées et internationalement reconnues, permettant de garantir
l’exactitude et la comparabilité des données;
10.4 à prévenir et à combattre la précarité menstruelle, c’est-à-dire
les difficultés d’accès aux protections menstruelles faute de ressources
économiques suffisantes, et à donner accès à toutes les femmes qui
en ont besoin à des protections menstruelles sûres et hygiéniques
en veillant à la disponibilité et à l’accessibilité de celles de
leur choix;
10.5 à prévenir et à combattre la coercition reproductive,
c’est-à-dire l’ingérence dans la prise de décision autonome d’une
personne en matière de santé reproductive; à punir et à envisager
d’ériger en infraction pénale un tel comportement, par exemple le
sabotage de la contraception, la coercition physique ou la pression
psychologique pour tomber enceinte, ainsi qu’à tenter de contrôler
l’issue d’une grossesse (pression pour la poursuivre ou pour l’interrompre);
10.6 à veiller à ce que les lignes directrices et les recommandations
édictées en matière gynécologique et reproductive tiennent compte
des besoins de tous les patient·e·s, indépendamment de leur sexe,
orientation sexuelle, identité de genre, expression de genre et
caractéristiques sexuelles, et à ce qu’elles incluent les personnes
transgenres et non binaires;
10.7 à proposer aux professionnel·le·s de la santé des formations
actualisées sur les soins de santé sexuelle et reproductive, notamment
sur les innovations scientifiques et technologiques pertinentes
et les soins de santé inclusifs, tenant compte des besoins propres
aux personnes en situation de handicap, aux personnes lesbiennes,
gays, bisexuelles, transgenres et intersexes (LGBTI), et aux personnes âgées;
à promouvoir et à soutenir la recherche pour améliorer les connaissances
médicales dans ces domaines;
10.8 à renforcer la coopération avec les organisations de la
société civile et avec d’autres parties prenantes actives dans le
domaine de la santé et des droits sexuels et reproductifs, et à
soutenir leurs recherches, la collecte de données, l’information
et les activités de sensibilisation;
10.9 à fournir un accès aux soins de santé sexuelle et reproductive
à la population des zones rurales et à assurer une répartition géographique
équitable des infrastructures concernées;
10.10 à promouvoir la sensibilisation à l’égard de la notion
de coresponsabilité des femmes et des hommes en matière de fertilité,
et à intégrer cette notion dans les textes législatifs et les politiques publiques
correspondantes;
10.11 à assurer l’accès à une éducation sexuelle complète en
prévoyant, dans les programmes scolaires, à tous les niveaux, des
cours obligatoires d’éducation sexuelle qui soient adaptés à l’âge
des élèves, qui reposent sur des données probantes et qui s’appuient
sur les technologies numériques pour fournir un enseignement approfondi
dans ce domaine;
10.12 à mener des activités de sensibilisation, d’information
et d’éducation, notamment en ligne, ciblant le grand public et couvrant
les mêmes domaines que ceux dont traite l’éducation sexuelle complète
à l’école;
10.13 à sensibiliser le public, les milieux politiques et le
secteur privé au sujet de l’impact des biais de genre et d’autres
formes d’inégalité sur la santé et le bien-être, individuellement
et collectivement;
10.14 à promouvoir la recherche appliquée et le développement
dans les organisations publiques, les organisations à but non lucratif
et le secteur privé afin de garantir que le design, la production
et la promotion des objets, des espaces et des systèmes utilisés
dans les soins de santé, l’éducation, les espaces de travail et
d’autres aspects de la vie quotidienne remédient aux inégalités
que causent les biais de genre en tenant compte de la diversité
des besoins des femmes et de toute personne indépendamment de son
sexe, de son orientation sexuelle, de son identité de genre, de
son expression de genre et de ses caractéristiques sexuelles;
10.15 à encourager la modification des programmes en matière
de design, d’architecture et d’ingénierie pour s’assurer que les
étudiant·e·s et les enseignant·e·s sont pleinement sensibilisé·e·s
aux conséquences négatives des biais de genre, et qu’ils ou elles
sont dûment outillé·e·s pour pouvoir élaborer des projets de design
aussi diversifiés et inclusifs que possible, en particulier dans
une perspective de genre;
10.16 à mettre à la disposition du grand public des informations
détaillées, précises et fondées sur des données probantes au sujet
de la santé et des droits sexuels et reproductifs, sur des plateformes
en ligne gérées par les autorités de santé publique et comprenant
des informations sur l’endroit et la façon d’obtenir des soins de
santé sexuelle et reproductive, également en zone rurale;
10.17 à encourager les médias, aussi bien traditionnels qu’en
ligne, dont les médias sociaux, à communiquer des informations précises,
fondées sur des données probantes, au sujet de la sexualité et des
questions de genre, notamment la contraception, l’avortement, le
consentement, la violence sexuelle et la violence fondée sur le
genre;
10.18 à encourager et à soutenir la mise en œuvre de technologies
innovantes pour améliorer l’accès à des soins de santé sexuelle
et reproductive, par exemple la télémédecine, les kits d’autodépistage d’infections
sexuellement transmissibles et les avortements médicamenteux autogérés;
10.19 à soutenir la recherche et l’évaluation des approches
nouvelles ou existantes en matière de santé et de droits sexuels
et reproductifs afin de recenser les meilleures pratiques et d’étayer
l’élaboration de politiques et programmes à venir;
10.20 à agir pour éliminer la stigmatisation et la discrimination
à l’égard de la santé et des droits sexuels et reproductifs, et
à promouvoir une culture du respect et de l’inclusivité en suscitant
l’adoption de textes législatifs et de politiques publiques en lien
avec cette culture, et en lançant des campagnes d’information du
public.