L'irruption de l'intelligence artificielle bouleverse nos relations avec autrui dans tous les domaines de la vie. Le potentiel d’utilisation de l'intelligence artificielle dans des secteurs tels que la science, la technologie ou l'industrie se développe de manière fulgurante, affectant en particulier le travail et les relations professionnelles, ce qui représente un défi urgent pour nos sociétés.
Nos pays doivent être prêts à atténuer l'impact négatif que l'intelligence artificielle peut avoir et qu’elle a déjà sur leur marché du travail. D’après un rapport de l'OCDE, le pourcentage d'emplois menacés par l'automatisation du travail humain varie entre 4% et 40% selon les pays.
À cet égard, il est non seulement nécessaire d'améliorer l'éducation et la formation de la génération actuelle et des générations futures pour qu’elles puissent s'adapter à ce nouveau scénario, mais il est aussi urgent de concevoir et de mettre en place des politiques publiques pour les marchés du travail qui risquent d’être les plus touchés par l’intelligence artificielle. L’objectif est de limiter les pertes d'emplois, de prévenir la précarité et le déplacement d’emplois dans les différents secteurs et, le cas échéant, de prévoir d’autres solutions de revenus et de formation continue pour les travailleurs de nos sociétés.
Il est essentiel de veiller à ce que les personnes comme les nations disposent des outils nécessaires pour s'adapter à cette nouvelle réalité. C’est l'intelligence artificielle qui doit être au service du progrès en réduisant les inégalités et en créant des opportunités, et jamais l'inverse.
Pour cette raison, l’Assemblée parlementaire devrait mener une étude comparative sur l’impact social et économique de l’application de l’intelligence artificielle sur les marchés du travail des États membres du Conseil de l’Europe et appeler à l’élaboration d’un ensemble de lignes directrices pour réglementer son utilisation.