Cas signalés de prisonniers politiques en Fédération de Russie
Réponse à Recommandation
| Doc. 15788
| 05 juin 2023
- Auteur(s) :
- Comité des Ministres
- Origine
- Adoptée lors de la 1467e réunion
des Délégués des Ministres (31 mai 2023). 2023 - Troisième partie de session
- Réponse à Recommandation
- : Recommandation 2236
(2022)
1. Le Comité des Ministres a examiné attentivement
la
Recommandation 2236
(2022) de l'Assemblée parlementaire sur les «Cas signalés
de prisonniers politiques en Fédération de Russie» et l'a transmise
au Comité européen pour la prévention de la torture et des peines
ou traitements inhumains ou dégradants (CPT) pour information et
commentaires éventuels.
2. Lors de sa dernière réunion trimestrielle pour surveiller
l'exécution des arrêts de la Cour européenne des droits de l’homme
(CEDH)
Note (1459e réunion,
7-9 mars 2023), le Comité a adopté une résolution intérimaire dans laquelle
il a déploré que, malgré ses appels répétés, M. Aleksey Navalnyy
ne soit toujours pas libéré et soit maintenu la plupart du temps
en isolement, sans accès direct et sans surveillance à ses avocats.
Le Comité a exhorté une fois de plus les autorités à le libérer
immédiatement. En ce qui concerne M. Alexsey Pichugin, le Comité
a adopté une résolution intérimaire lors de sa réunion Droits de
l'Homme de mars 2022, exhortant à nouveau les autorités russes à
trouver de toute urgence d'autres moyens de garantir une réparation
pour le requérant, y compris en envisageant l'adoption de mesures
visant à assurer sa libération. Le Comité des Ministres condamne
la récente condamnation de Vladimir Kara-Murza à 25 ans de prison
pour des motifs politiques, notamment la diffusion de «fausses informations
en connaissance de cause» sur les forces armées russes, la participation
à une organisation «indésirable» et la «trahison». M. Vladimir Kara-Murza
a dénoncé l'invasion de l'Ukraine par la Russie pour ce qu'elle
était: une violation flagrante du droit international et de la Charte
des Nations Unies».
3. L'Assemblée parlementaire a encouragé le Comité des Ministres
à recourir à tous les outils à sa disposition pour garantir l'exécution
de tels arrêts. À cet égard, le Comité rappelle que lors de sa dernière réunion
trimestrielle de décembre 2022 sur la surveillance de l'exécution
des arrêts de la CEDH, il a décidé de mettre en œuvre une nouvelle
stratégie
Note concernant
la surveillance de l’exécution des affaires pendantes contre la
Fédération de Russie, et a déploré profondément que la Fédération
de Russie ait arrêté toute communication avec le Conseil de l’Europe
depuis le 3 mars 2022 concernant la mise en œuvre des arrêts de la
Cour européenne. Compte tenu de l'absence d'information par les
autorités, la contribution de la société civile reste d'une importance
vitale, et le Conseil de l'Europe renforcera les échanges avec les
ONG concernées; un premier échange de ce type avec des ONG a eu
lieu en mars 2023
Note.
L'interaction avec les instruments pertinents des Nations Unies
en matière de droits de l'homme, auxquels la Russie est toujours partie,
devrait également être renforcée. Finalement, le Comité des Ministres
a invité la Secrétaire Générale à écrire au ministre russe des Affaires
étrangères après chaque réunion sur l'exécution des arrêts, pour
fournir des informations sur les affaires russes en suspens et pour
inviter instamment les autorités à se conformer à leurs obligations
en vertu du droit international de respecter pleinement les arrêts
de la Cour européenne. La Secrétaire Générale l'a fait immédiatement
après les réunions du Comité en décembre 2022 et mars 2023, en se
référant notamment à la décision du Comité à l'égard de M. Navalnyy
Note. Ces efforts continus pour favoriser
la mise en œuvre des arrêts de la CEDH sont également essentiels
au regard de la situation actuelle en Russie, où la multiplication
des cas de poursuites et d'incarcérations pour motifs politiques
renforce la répression et prive un nombre toujours plus grand de
citoyens de leurs droits fondamentaux.
4. Le Comité partage le point de vue de l'Assemblée parlementaire
selon lequel la prévention de la torture et des peines ou traitements
inhumains ou dégradants de ces détenus est d'une grande importance
et, à cet égard, le Comité rappelle les travaux du CPT visant à
prévenir la torture et les peines ou traitements inhumains ou dégradants
des personnes privées de liberté en Europe.
5. Rappelant que la Fédération de Russie reste partie à la Convention
européenne pour la prévention de la torture et des peines ou traitements
inhumains ou dégradants, le Comité des Ministres appelle la Fédération de
Russie à respecter les obligations qu'elle a volontairement assumées
en vertu de cette Convention, y compris en autorisant le CPT à se
rendre dans tout lieu relevant de sa juridiction où des personnes
sont privées de liberté par une autorité publique. Le Comité invite
le CPT à l'informer de toute mesure qu'il pourrait avoir prise pour
contrôler le respect par la Fédération de Russie de ses engagements
en vertu de la Convention.