Nous, soussignés, déclarons ce qui suit:
Le 17 mars 2006, l’Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe a condamné les multiples et graves violations des droits de l’homme commises en Espagne par le régime franquiste de 1939 à 1975 et adressé des recommandations au Gouvernement espagnol pour qu’il facilite les enquêtes et qu’il établisse la vérité sur ce régime répressif. En 2022, la loi sur la mémoire démocratique, qui consacre la mémoire collective des horreurs de la guerre et de toutes les formes de totalitarisme, a été adoptée.
Au cours des deux derniers mois, des gouvernements de droite et d’extrême droite ont adopté une loi en Aragon et présenté des projets de loi aux parlements de Valence et de Castille‑et‑León afin d’abroger les dispositions sur la mémoire historique et démocratique, blanchissant ainsi le franquisme, par la suppression du terme «dictature» et l’omission de graves violations des droits humains. De telles mesures anéantissent le droit à la mémoire collective et condamnent les victimes au silence et à l’oubli.
C’est pourquoi nous condamnons ces actions qui bafouent la mémoire des victimes d’un régime totalitaire et antidémocratique, comme celui de Franco, et des personnes ayant combattu la tyrannie et l’oppression, et qui portent atteinte aux valeurs de respect de la dignité humaine et des droits humains et nuisent à la vérité et à la mémoire.