La répression transnationale, une menace croissante pour l'État de droit et les droits humains
Réponse à Recommandation
| Doc. 16114
| 05 février 2025
- Auteur(s) :
- Comité des Ministres
- Origine
- Adoptée lors de la
1510e réunion des Délégués des Ministres
(23 octobre 2024). 2025 - Deuxième partie de session
- Réponse à Recommandation
- : Recommandation 2257
(2023)
1. Le Comité des Ministres
informe l’Assemblée parlementaire que la réponse suivante a été
adoptée à la majorité telle que stipulée par l’article 20 (d) du
Statut.
2. Le Comité des Ministres a examiné attentivement la
Recommandation 2257 (2023) de l'Assemblée parlementaire «La répression transnationale,
une menace croissante pour l'État de droit et les droits humains» et
il l’a transmise au Comité directeur pour les droits humains (CDDH)
et au Comité européen pour les problèmes criminels (CDPC) pour information
et commentaires éventuels.
3. Le Comité des Ministres estime que les phénomènes décrits
par l’Assemblée sont très préoccupants, incompatibles avec les valeurs
et les principes du Conseil de l’Europe et seraient susceptibles
de contrevenir aux obligations juridiques de ses États membres,
notamment en vertu de la Convention européenne des droits de l’homme.
4. En ce qui concerne la recommandation de l’Assemblée au paragraphe
1.1, le Comité des Ministres considère que ses
Lignes directrices existantes pour éliminer l’impunité pour les violations
graves des droits de l'homme de 2011, auxquelles l'Assemblée se
réfère, couvrent déjà les méthodes ou techniques de répression transnationales
qui peuvent être considérées comme des «actes à l’encontre desquels
les États ont, conformément à la Convention et à la lumière de la
jurisprudence de la Cour, l’obligation d’adopter des dispositions
pénales». Les autres techniques mentionnées par l’Assemblée, telles
que l’annulation des passeports et le refus des services consulaires,
qui ne relèvent pas du droit pénal, n’entrent pas dans le champ d’application
des présentes Lignes directrices.
5. En tenant compte de cela, et se référant à la recommandation
de l'Assemblée au paragraphe 1.2, le Comité des Ministres informe
l’Assemblée qu’il a donné mandat au CDDH de préparer une étude sur
la nécessité et la faisabilité d’(un) instrument(s) non contraignant(s)
supplémentaire(s) pour compléter les Lignes directrices du Comité
des Ministres de 2011 pour éliminer de l’impunité pour les violations
graves des droits de l’homme, d’ici à la fin de 2025. La première
réunion du groupe de rédaction du CDDH, qui s’est tenue en mai 2024,
a considéré que le champ d’application des Lignes directrices est
une question à approfondir. Le Comité des Ministres invite le CDDH
à garder à l’esprit la
Recommandation
2257 (2023) de l’Assemblée dans le cadre de ces travaux, le cas
échéant.
6. En ce qui concerne le paragraphe 1.3 de la recommandation
de l’Assemblée, le Comité des Ministres rappelle que, dans toutes
les affaires en cours d’exécution, les mesures de caractère individuel
et général à adopter pour garantir la cessation, la non-répétition
et la réparation de toute violation des droits humains dépendront
de la nature des violations et des conclusions de la Cour. Les États
membres sont libres de choisir les moyens par lesquels ils s’acquittent
de leurs obligations au titre de l’article 46, paragraphe 1, de
la Convention. Dans les cas appropriés, le Comité des Ministres
s’efforce de veiller à ce que les États membres s’acquittent de
leur obligation de rendre des comptes par le biais des mesures qu'ils
adoptent, en se référant à ses Lignes directrices pour éliminer
l'impunité pour les violations graves des droits de l’homme.