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Les menaces qui pèsent sur la Cour pénale internationale

Recommandation 2314 (2026)

Auteur(s) :
Assemblée parlementaire
Origine
Discussion par l’Assemblée le 30 septembre 2026 (33e séance) (voir Doc. 16475, rapport de la commission des questions juridiques et des droits de l'homme, rapporteur: M. Tekke Panman). Texte adopté par l’Assemblée le 30 septembre 2026 (33e séance).Version provisoire sous réserve de révision éditoriale.
1. L’Assemblée parlementaire se réfère à sa Résolution 2676 (2026) «Menaces qui pèsent sur la Cour pénale internationale» et souligne que les tentatives destinées à saper la Cour pénale internationale en s’attaquant à l’indépendance de la justice et en intimidant les fonctionnaires internationaux constituent un affront au droit international, à la justice internationale, au principe de l’obligation de rendre des comptes et aux engagements pris à la suite des atrocités de la seconde guerre mondiale.
2. L’Assemblée estime qu’il est essentiel que la communauté internationale non seulement condamne ces attaques contre des organisations internationales qui sont au cœur de l’ordre international fondé sur des règles, mais aussi qu’elle agisse avec solidarité pour défendre les institutions de justice internationale contre de telles menaces. À cet égard, l’Assemblée recommande au Comité des Ministres de promouvoir et de faciliter l’action internationale dans ce domaine. L’Assemblée appelle en particulier le Comité des Ministres:
2.1 à soutenir les organisations confrontées à de telles menaces par le biais de déclarations publiques condamnant les attaques, les menaces et les mesures coercitives à l’encontre du personnel des organisations internationales, et soutenant leurs mandats et leurs activités;
2.2 à soutenir l’élaboration, l’adoption et la mise en œuvre effective de mesures visant à lutter contre les sanctions illégales et les représailles, en s’appuyant sur les actions menées au niveau de l’Union européenne, afin de protéger les organisations internationales, leur personnel et les membres de leur famille contre les effets extraterritoriaux des législations adoptées par des pays tiers, y compris par la conception d’une boîte à outils, et en envisageant l’élaboration d’un instrument juridique pour aider les États membres à protéger les personnes et les organisations contre les effets extraterritoriaux des mesures prises par des pays tiers;
2.3 à lancer une réflexion au sein du Conseil de l’Europe, en associant d’autres organisations internationales si nécessaire, afin de mettre au point des outils et de favoriser le partage des meilleures pratiques pour soutenir les organisations internationales qui œuvrent à la défense de la justice internationale, notamment:
2.3.1 des mesures destinées à protéger ces organisations et leur personnel contre les menaces, en particulier celles émanant d’États non membres;
2.3.2 l’examen et le partage des meilleures pratiques entre les organisations internationales – notamment en matière de protection des privilèges et immunités – ainsi que des possibilités qui s'offrent aux organisations internationales d'utiliser ou de transposer les bonnes pratiques d'une autre organisation afin de protéger au mieux leur personnel et leur fonctionnement indépendant contre des acteurs hostiles;
2.3.3 des solutions innovantes pour atténuer les risques associés à des actions hostiles;
2.4 à organiser une réunion des États qui accueillent des organisations internationales établies en Europe, afin d’échanger les bonnes pratiques sur les meilleurs moyens de garantir que ces organisations internationales bénéficient d’un soutien approprié pour être résilientes face à de futures menaces et attaques de la part d’États tiers.