intégration économique de l'Europe occidentale
Proposition de recommandation
| Doc. 358
| 24 juin 1955
- Commission
- Commission des questions économiques et du développement
- Signataires :
- M. Neil MCBRIDE,
Royaume-Uni, SOC
- Thesaurus
L'Assemblée,
Prenant acte des progrès continus vers la consolidation politique et économique de la communauté européenne, dont témoignent la création de l'Union de l'Europe Occidentale, les décisions prises le 3 juin 1955, à la Conférence
de Messine, par le Conseil de Ministres de la C. E. C. A., ainsi que la libération et le renforcement de l'économie de l'Europe occidentale
tels qu'ils ressortent du sixième rapport
annuel de l'O. E. C. E.,
1. Accueille avec satisfaction et recommande
spécialement à l'attention des gouvernements
et des parlements des Etats membres le rapport de la Direction des Etudes du Secrétariat
Général du Conseil de l'Europe sur L'état actuel de l'intégration économique de l'Europe
occidentale;
Considérant qu'il y a lieu de profiter des
conditions économiques favorables qui régnent
actuellement en Europe pour promouvoir l'intégration
économique, fondement durable de
la consolidation politique de l'Europe;
Considérant en outre que, pour parvenir
à la complète suppression des barrières
artificielles et pour réaliser les avantages d'un
marché commun, il est indispensable de coordonner
les politiques économiques et financières
des États de l'Europe occidentale sur la base
d'une aide réciproque, en s'attachant tout
particulièrement à l'assistance à fournir aux
États membres les moins développés,
2. Recommande au Comité des Ministres
d'inviter les gouvernements des États membres
du Conseil de l'Europe et de l'O. E. C. E. à
poursuivre avec un regain de vigueur une
politique agissante en vue d'instaurer en Europe
occidentale un plus haut degré de coopération
économique, d'aide mutuelle et d'intégration,
en tenant compte notamment des considérations
suivantes :
a Opportunité de réaliser des conditions
propres à favoriser la convertibilité et ,
nécessité de prendre des dispositions à l'avance
en vue de faire face aux problèmes que pourra
poser la convertibilité en ce qui concerne le
plein emploi, la balance des paiements et la
libération des échanges;
b En poursuivant la libération des
échanges et la réduction des tarifs douaniers,
nécessité de viser à la suppression, en Europe
occidentale, de pratiques commerciales telles
que les doubles prix à l'exportation des matières
premières, le dumping des produits manufacturés
et les subventions à l'exportation, qui
provoquent souvent l'adoption ou le maintien
de contre-mesures de protection;
c Établissement d'une procédure
librement consentie d'après laquelle les États
membres seraient invités, dans des cas déterminés,
à examiner leur politique commerciale
et leurs mesures de protection en vue de venir
en aide aux autres États membres qui connaissent
des difficultés en matière de chômage ou
de balance des paiements;
d Élaboration à l'avance de plans
d'action concertée en vue de faire face à
d'éventuelles difficultés économiques résultant
de pressions inflationnistes ou déflationnistes;
e Développement et utilisation à des
fins pacifiques par les États membres, sur une
base de coopération, de l'énergie atomique et
d'autres sources d'énergie; étude et prévision
simultanées des répercussions économiques et industrielles qu'entraînera l'introduction de l'énergie atomique dans l'industrie et les transports
;
f Nécessité de parvenir à une utilisation
plus rationnelle des ressources agricoles de l'Europe par l'amélioration des méthodes de production et une spécialisation locale plus poussée, jointes à des méthodes perfectionnées et à une action concertée en matière de distribution
et de commercialisation sur le plan international;
g Harmonisation et coordination des transports, notamment en matière d'investissements
et de tarifs internationaux;
h Compte tenu de la multiplicité et de l'hétérogénéité des nombreuses organisations internationales qui s'occupent d'aspects analogues
de l'économie de l'Europe occidentale, nécessité pressante d'intégrer les activités de ces organisations, pour autant qu'elles ont trait à l'Europe occidentale, dans le cadre du Conseil de l'Europe et de l'O. E. CE.;
i Établissement d'une coopération plus étroite entre le Conseil de l'Europe et l'O. E. C. E., et notamment adoption de dispositions
permettant :
à un représentant de l'Assemblée d'assister aux réunions du Conseil de l'O. E. C. E. à l'échelon ministériel;
à un représentant du Secrétariat Général du Conseil de l'Europe d'assister aux réunions du Conseil de l'O. E. C. E. à l'échelon des hauts fonctionnaires ;
3. Recommande en outre qu'à la lumière
du rapport susmentionné sur l'état actuel de l'intégration économique de l'Europe occidentale,
le Comité des Ministres invite chaque État membre du Conseil de l'Europe à établir, en consultation avec l'O. E. C. E., un programme
de mesures progressives destinées à mieux harmoniser l'économie de cet État avec les intérêts économiques de l'Europe considérée dans son ensemble, facilitant ainsi l'intégration d'une économie véritablement européenne.