L'Assemblée prend note du fait que la vigoureuse expansion
qui caractérise l'économie de l'Europe occidentale depuis 1953 s'est
poursuivie pendant toute l'année 1955, mais elle croit de son devoir
de renouveler la mise en garde formulée dans sa réponse au sixième
rapport annuel de l'O.E.C.E. contre tout optimisme exagéré et contre
certains dangers inhérents à cette expansion économique. L'Assemblée demande
en particulier à l'O.E.C.E. de concentrer son attention, dans l'élaboration
de sa politique, sur les problèmes exposés ci-après, qui sont analysés
dans le rapport et qui suscitent des inquiétudes pour l'avenir
a Si les pressions inflationnistes
constatées dans la majeure partie de l'Europe appellent des mesures concertées
propres à empêcher une accélération des forces de déséquilibre,
cette action doit tenir compte de la nécessité de maintenir un niveau
élevé d'investissements agricoles et industriels, condition préalable
du développement à long terme de l'économie européenne.
b Dans certains des pays dont le développement économique
n'a pas encore atteint l'ampleur souhaitable, il y aurait lieu d'encourager
une politique soutenue d'investissements massifs dans l'infrastructure
de l'économie.
c Vu l'absence de réalisations notables au cours de l'année
1955 dans le domaine de la suppression des restrictions quantitatives,
il conviendrait de rechercher de nouveaux progrès vers la libération
des échanges intra-européens et mondiaux en s'attaquant à l'ensemble
des barrières qui entravent encore les échanges. A cet égard, l'Assemblée
tient à insister sur la nécessité toute particulière, non seulement de
consolider cette libération et de la faire progresser, mais encore
de prendre des mesures promptes et efficaces en vue de réduire les
inégalités actuelles de la protection douanière et, d'une façon générale,
le niveau des tarifs douaniers applicables aux produits qui entrent
surtout dans les échanges entre les pays d'Europe occidentale comme
entre ceux-ci et les pays d'outre-mer avec lesquels ils ont des
liens constitutionnels.
d L'Assemblée souligne également à nouveau la nécessité
urgente d'abolir certaines pratiques commerciales, telles que l'application
de doubles prix aux exportations de matières premières et les subventions
à l'exportation, pratiques qui, qu'elles soient occultes ou non,
entraînent fréquemment l'adoption et le maintien de contre-mesures
de protection.
e La satisfaction que peuvent provoquer les améliorations
intervenues au cours des trois dernières années dans la balance
des paiements en dollars de l'Europe occidentale se trouve atténuée
par le fait que l'excédent réalisé est dû essentiellement aux importantes
recettes – encore accrues en 1955 – provenant des dépenses militaires
des Etats-Unis. Il est en particulier inquiétant de constater que,
tandis que les importations en provenance des Etats-Unis s'accroissaient
très sensiblement, les exportations européennes à destination de
ce pays sont demeurées insuffisantes en dépit de l'expansion économique
constante des Etats-Unis. En conséquence, il demeure urgent de trouver
le moyen d'améliorer la balance des échanges et des transactions
commerciales en dollars par les efforts conjoints des pays européens,
des Etats-Unis et du Canada.
f Bien que dans la plupart des pays européens l'expansion
de la production ait absorbé la main-d’œuvre disponible et provoqué
une pénurie croissante de main-d’œuvre qualifiée, un chômage important persiste
dans plusieurs pays membres. Etant donné l'influence que l'abaissement
des taux de natalité dans certains pays exercera au cours des années
à venir sur les disponibilités en main-d’œuvre, l'Assemblée souligne
l'importance que revêt, pour l'expansion continue de l'économie
européenne, une plus grande mobilité de la main-d’œuvre entre les
pays européens et invite instamment l'O.E.C.E. à suivre activement
cette question.
g Tout en notant avec intérêt l'attitude positive adoptée
dans le rapport à l'égard de la responsabilité qui incombe à l'O.E.C.E.
et aux gouvernements nationaux dans la recherche d'une solution
des problèmes propres aux régions insuffisamment développées de
l'Europe elle-même et des territoires d'outremer, l'Assemblée invite
instamment l'O.E.C.E. à prendre l'initiative de propositions d'ordre
pratique en vue d'apporter à ces régions une assistance constructive
et efficace. A ce propos, l'Assemblée appelle l'attention de l'O.E.C.E.
sur sa proposition de création d'un fonds de développement européen,
contenue dans sa Recommandation 95 du 20 avril 1956.