A Projet de résolution présenté, avec demande de discussion d'urgence, par la commission sociale
1. Conformément aux termes de la résolution commune que les Bureaux de l'Assemblée Consultative et de l'Assemblée de l'U. E. O. ont adoptée le 12 janvier 1957, relative à la collaboration des deux Assemblées en matières culturelle et sociale, l'Assemblée Consultative a examiné le texte du projet de réponse préparé par la commission des Affaires Générales de l'Assemblée de l'U. E. O. au chapitre social du rapport annuel que le Conseil de l'U. E. O. présentera à l'Assemblée de l'U. E. O.
2. En ce qui concerne le domaine social, l'Assemblée a noté que les points suivants figurent, entre autres, à l'ordre du jour de l'U. E. 0. :
a Santé publique;
b Rédaction d'une convention européenne de sécurité sociale;
c Libre circulation de la main-d'oeuvre;
d Formation professionnelle;
e Application des conventions, recommandations et résolutions de l'O. I. T.;
f Problème d'une Charte sociale européenne;
g Harmonisation des législations de protection en matière atomique.
3. L'Assemblée attire l'attention des organes compétents de l'U. E. 0. sur le fait que les points (a), (b), (c), (d), (e) et (/) ont déjà fait l'objet d'études approfondies, voire même de décisions, tant par le Conseil de l'Europe lui-même que par d'autres organisations telles que l'O. E. C. E., l'O. I. T., la C. E. C. A., etc. Quant au point (g), il sera évidemment susceptible d'entrer dans le domaine de la compétence de l'Euratom.
4. C'est pourquoi, l'Assemblée estime qu'il est de son devoir d'exprimer les préoccupations que lui cause le fait que plusieurs organisations consacrent leurs efforts à étudier les mêmes questions. Ces préoccupations sont aggravées par le fait que, dans un proche avenir, l'organisation du marché commun sera forcément amenée à s'occuper, elle aussi, de questions sociales. Dans ces conditions, il est à craindre que les activités de tous ces différents organismes dans le domaine social empiètent de plus en plus les unes sur les autres. Ces doubles et même multiples emplois aboutiront progressivement à une sorte d'état anarchique qui non seulement gênera le progrès, mais bouchera la voie vers l'unification de l'Europe qui est l'objet pour lequel toutes ces organisations ont été créées.
5. En ce qui concerne plus particulièrement les questions de sécurité sociale, l'Assemblée Consultative, comme l'Assemblée de l'U. E. 0., estime qu'elles deviendront encore plus importantes lors de l'établissement du marché commun. Toutefois, elle pense qu'il serait fâcheux que l'action entreprise par le Conseil de l'Europe dans ce domaine, et qui associe quinze pays membres, tombe en désuétude du fait d'une mauvaise coordination entre les différents organismes internationaux et par suite de l'ouverture du marché commun que le Conseil de l'Europe a tout naturellement pour tâche de compléter et d'élargir.
6. Quant aux problèmes des mouvements de la main-d'oeuvre, ils pourront être résolus avec plus de facilité dans le cadre des quinze pays du Conseil de l'Europe que dans un cadre plus étroit. C'est pourquoi l'Assemblée regretterait que, dans ce domaine également, l'action du Conseil de l'Europe ne puisse pas se développer en liaison harmonieuse avec celle des autres organisations.
7. Dans ces conditions, l'Assemblée, considérant l'importance vitale pour l'avenir de l'Europe de la coordination entre les différentes organisations internationales et intergouvernementales :
a Insiste et attire toute l'attention des Ministres sur la gravité et l'urgence de ce problème;
b Fait appel à tous les parlementaires pour qu'ils recherchent les moyens de le résoudre;
c Propose, parmi les mesures susceptibles d'améliorer l'état des choses actuel :
7.3.1 d'organiser une participation réciproque d'observateurs des Secrétariats des deux organisations aux réunions de leurs organismes sociaux;
7.3.2 de tenir, chaque fois qu'il apparaîtra utile, des réunions communes des commissions sociales des deux organisations;
7.3.3 d'organiser, dans les plus brefs délais possibles, une telle réunion dont l'objet serait d'examiner en commun la présente résolution;
d Formule l'espoir que, dans l'esprit de collaboration qui s'est manifesté par l'adoption, le 12 janvier 1957, de la Résolution commune des Bureaux des deux organisations, une solution conforme aux intérêts de l'unité européenne pourra être trouvée à ce grave problème.