25/06/2026 Session
S'appuyant sur un rapport d’Allal Amraoui (Maroc), l'APCE a mis l'accent sur une approche de la sécurité alimentaire fondée sur les droits humains, rappelant que le droit à l'alimentation implique que la nourriture soit « disponible, accessible, durable et adéquate ».
Elle replace la sécurité alimentaire dans le cadre plus large du Sommet mondial de l'alimentation de 1996, qui la définit en termes de disponibilité, d'accès, d'utilisation et de stabilité dans le temps.
Le rapport met en avant la position stratégique du Maroc entre l’Europe, l’Afrique et le monde arabe, tout en soulignant sa forte vulnérabilité face au changement climatique. Il souligne que la sécurité alimentaire dépend d’un « équilibre complexe entre production agricole nationale, recours aux importations céréalières et gestion durable des ressources naturelles ».
Il attire particulièrement l’attention sur le stress hydrique. La quantité d’eau disponible par personne est tombée à des niveaux « proche du seuil de pénurie absolue », l’agriculture représentant près de 80 % des prélèvements d’eau.
Le rapport souligne également l’impact social de ces pressions, indiquant que « plus de 130 000 personnes ont perdu leur emploi en 2024 à la suite des mauvaises récoltes liées à la sécheresse ». Les femmes rurales sont particulièrement vulnérables : elles « assurent souvent des fonctions multiples: travail agricole, transformation des aliments, collecte de l’eau, entretien des ménages et participation aux coopératives rurales ».
Parallèlement, il reconnaît le Maroc comme une « réussite agricole avec un modèle très performant dans certaines filières exportatrices ».
En réponse, le Maroc a mené d’importantes réformes, notamment « la stratégie Génération Green » qui « marque une nouvelle étape des politiques agricoles marocaines en plaçant davantage le capital humain, l'emploi rural et l'inclusion sociale ».
Le rapport conclut que « la sécurité alimentaire ne peut être pensée uniquement sous l'angle de la production agricole, mais doit être abordée dans une perspective plus systémique intégrant la gestion durable de l'eau, la justice sociale, la résilience climatique, la gouvernance territoriale et les droits humains ». L’expérience du Maroc offre des enseignements précieux pour la région méditerranéenne et au-delà.