23/10/2025 Migrations, protection internationale et coopération économique
Cinq élèves âgés d'une vingtaine d'années, issus des écoles Central Foundations Schools de Londres, se sont exprimés devant la Commission des migrations, des réfugiés et des personnes déplacées le 20 octobre, dans le cadre du rapport de Lord Leslie Griffiths (Royaume-Uni, SOC) intitulé « Le rôle des diasporas et des personnes migrantes dans la construction de la cohésion sociale et du progrès ».
S'appuyant sur leur propre expérience en tant que citoyens britanniques issus de milieux multiculturels (Bangladesh, République démocratique du Congo, Éthiopie, Ghana, Kosovo*), ils ont insisté sur l'importance de la représentation et du sentiment d'appartenance comme piliers de leur engagement civique.
Ils ont également évoqué la montée des discours anti-migrants et racistes au Royaume-Uni et ailleurs. Cette situation, associée aux risques de stigmatisation découlant de généralisations ou de simples préjugés, les touche directement, a un impact négatif sur leur sécurité au sein de leur communauté et en tant qu'individus, et remet même en question leur sentiment d'appartenance. Dans l'ensemble, le sentiment qu'ils doivent constamment prouver leur « britannicité » remet en question leur sentiment d'appartenance à la société britannique, à tel point que même l'image positive de certaines célébrités issues de l'immigration n'est qu'« un murmure dans un océan de haine », comme l'a dit un étudiant.
Cette préoccupation profonde fait écho aux obstacles structurels et au racisme auxquels ont été confrontés les parents et les grands-parents de ces jeunes.
En conclusion, Nana Anto-Awyakye, coordinatrice de l'engagement chez CAFOD, a résumé la discussion en appelant les décideurs politiques à lutter contre les divisions croissantes qui se creusent dans la société actuelle. Selon elle, de telles mesures ne peuvent être prises « sans la voix de celles et ceux qui devraient être assis à la table ».
Arusyak Julhakyan (Arménie, PPE/DC), rapporteure jeunesse pour la Commission des migrations, des réfugiés et des personnes déplacées, a souligné que les parlementaires « devaient entendre directement les problèmes des jeunes migrants qui sont soumis aux politiques publiques » et l'importance de garantir leur participation effective à la démocratie.
Comme l'a résumé l'un des étudiants : « Au Royaume-Uni, nous avons largement accès à l'idée de démocratie, ainsi qu'à de nombreuses voies d'accès, mais le plus grand problème est que l'on n'en parle pas assez aux jeunes et que l'on ne leur fait pas suffisamment comprendre qu'il s'agit en réalité d'une partie importante de notre vie ».
*Toute référence au Kosovo dans ce texte, que ce soit le territoire, les institutions ou la population, doit se comprendre en pleine conformité avec la Résolution 1244 du Conseil de sécurité des Nations Unies et sans préjuger du statut du Kosovo.