30/10/2025 Questions juridiques et droits de l'homme
À l'occasion de la Journée internationale des prisonniers politiques, la rapporteure générale de l'APCE pour les prisonniers politiques, Azadeh Rojhan (Suède, SOC), et le représentant spécial de l'Assemblée parlementaire de l'OSCE pour les prisonniers politiques, Steve Cohen (États-Unis), ont fait la déclaration suivante :
« Dans une lettre écrite depuis sa prison, Martin Luther King Jr. a déclaré que l'injustice où qu'elle soit est une menace pour la justice partout. En cette Journée internationale des prisonniers politiques, ces mots nous rappellent notre responsabilité universelle envers celles et ceux qui ont été privé.es de liberté pour avoir défendu la vérité, la liberté et la dignité humaine.
Aujourd'hui, nous rendons hommage aux nombreuses personnes dans le monde dont la voix est étouffée par les murs de la prison. Leur courage face à l'oppression incarne les principes sur lesquels reposent nos sociétés : les droits fondamentaux de s'exprimer, de manifester son désaccord, d'informer et de participer à la vie publique sans crainte ni représailles.
La lutte pour la liberté n'est ni isolée ni limitée par les frontières. De Minsk à Moscou, de Tbilissi à Bakou, les récits de répression persistent. Nous observons avec une profonde inquiétude le maintien en détention d'Ales Bialiatski, lauréat du Prix Nobel de la paix au Bélarus, et d'Alexei Gorinov en Russie. Ces personnes courageuses incarnent l'humanité et des convictions inébranlables, servant de phares de lumière dans l'obscurité d'un régime autoritaire. Nous saluons également le courage extraordinaire des nominés au Prix des Droits de l'Homme Václav Havel, Mzia Amaghobeli en Géorgie et Ulvi Hasanli en Azerbaïdjan, journalistes emprisonné.es pour leur engagement en faveur de la vérité et de la justice. Nous réitérons également notre appel en faveur de la libération immédiate de Vadym Golda, Maxim Petrov et Dmytro Shabanov. Ces ressortissants ukrainiens et anciens fonctionnaires de l'OSCE ont été condamnés sur la base d'accusations motivées par des considérations politiques à l'issue de procès grotesques menés par des « Cours suprêmes » contrôlées par la Russie dans les territoires occupés de l'Ukraine.
Ce ne sont là que quelques noms parmi des milliers d'autres. Derrière chaque nom se cache une famille qui souffre, une communauté privée d'un membre précieux et des nations qui aspirent à la liberté et à la justice. Le sort des prisonniers politiques constitue une condamnation des régimes qui réduisent l'opposition au silence et criminalisent la dissidence. Pourtant, même dans les moments les plus sombres, la force tranquille de ces personnes continue d'inspirer et de mobiliser les efforts en faveur du changement.
Notre solidarité envers les prisonniers politiques et leurs familles ne se limite pas à des mots. Nous appelons tous les États à remplir leurs obligations internationales en enquêtant sur les abus et en libérant les personnes détenues pour des motifs politiques. Lorsque la justice est bafouée, une action collective doit être menée, que ce soit par le biais d'un engagement diplomatique, d'un plaidoyer fondé sur des principes ou de sanctions ciblées contre les auteurs de violations des droits.
Aux prisonniers politiques dont le sacrifice transcende la souffrance personnelle, nous disons : nous ne vous oublions pas. Votre intégrité maintient la flamme éternelle de la liberté. Nous restons attachés à un monde dans lequel personne n'est persécuté pour avoir dit la vérité au pouvoir.
La démocratie, la justice et la dignité humaine ne sont pas des concessions à accorder, mais des exigences permanentes. Nous sommes unis pour les défendre ».