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Déclaration du Président de l'APCE sur le retrait de la Lettonie de la Convention d'Istanbul

Convention d'Istambul

« Je suis très inquiet de la décision du Parlement letton de se retirer de la Convention d'Istanbul, un peu plus d'un an après son entrée en vigueur dans le pays. Il s'agit d'un recul sans précédent et profondément inquiétant pour les droits des femmes et les droits humains en Europe.

En abandonnant le premier et unique traité international qui reconnaît la violence à l'égard des femmes comme une violation des droits humains, la Lettonie envoie un message dangereux, à savoir que la sécurité et la dignité des femmes peuvent être remises en question ou négociées.

Cette décision, prise à la hâte et alimentée par la désinformation, intervient malgré les voix de plus de 11 000 citoyen.nes letton.es qui ont signé une pétition demandant à la Lettonie de rester dans la Convention. Le fait que leur initiative ne sera même pas discutée avant la mi-novembre montre à quel point le dialogue démocratique est peu pris en compte lorsqu'il s'agit des droits des femmes.

Le soi-disant « plan alternatif » proposé au Parlement ne peut remplacer la Convention d'Istanbul. La Convention fournit un cadre complet : prévention, protection, poursuites et politiques, ainsi qu'un mécanisme de suivi indépendant pour garantir de réels progrès. Rien de tout cela n'existe dans les vagues déclarations qui sont proposées à la place. Il en résultera une protection moindre pour les femmes et les filles en Lettonie.

La Lettonie suit désormais la Turquie, qui s'est retirée en 2021. Depuis lors, les féminicides et les violences à l'égard des femmes ont fortement augmenté. Le message que ces retraits envoient est désastreux : la violence à l'égard des femmes n'est pas prise au sérieux.

À la fin de l'année 2025, au cœur de l'Europe, nous ne pouvons accepter une régression du droit fondamental de chaque femme et de chaque fille à vivre à l'abri de la violence. J'exhorte les autorités lettones et les représentant.es élu.es à reconsidérer cette décision, à écouter la voix des femmes et à se ranger une fois de plus du côté de la dignité humaine, de l'égalité et de la justice ».