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L'IA aux urnes : menace ou opportunité pour les élections démocratiques ?

Lors du Forum mondial pour la démocratie 2025 à Strasbourg, les participants ont discuté de l'impact de l'intelligence artificielle sur les élections et la participation démocratique. La session, intitulée « L'IA aux urnes : menace ou opportunité pour les élections démocratiques ? », était co-organisée par l'APCE et le Comité sur l'intelligence artificielle (CAI) du Conseil de l'Europe, et animée par George Papandreou (Grèce, SOC), rapporteur général de l'APCE sur la démocratie.

En ouvrant le débat, M. Papandreou a souligné que l'IA remodelait la communication politique, l'opinion publique et l'engagement des électeurs, ce qui présente à la fois des risques et des opportunités. Il a invité les participants à étudier de quelle manière les démocraties peuvent exploiter la technologie pour renforcer l'intégrité électorale et la confiance du public, ajoutant que « plus les gens s'approprient la technologie, plus ils peuvent lui faire confiance ». « Quel est l'objectif de l'IA : le profit ou la démocratie ? ».

Le Président de l'APCE, M. Rousopoulos, qui assistait à la discussion en tant qu'invité, a expliqué que les réseaux sociaux n’étaient pas des médias, mais plutôt une forme de lien social : dans les médias, il y a des professionnels qui ont pour mission de trouver des informations et d'entretenir des relations avec leurs sources, afin de garantir la véracité de leurs reportages. Il a ajouté qu'à l'ère actuelle, il était de plus en plus difficile de distinguer le faux du vrai, et qu'il était bon d'avoir des opinions, mais que celles-ci devaient être fondées.

Laura Castel (Espagne, GUE), membre de l'Alliance parlementaire pour des élections libres et équitables, a déclaré que les élections, pierre angulaire de la démocratie, étaient confrontées à des défis sans précédent. « La technologie doit servir la démocratie, et non la dominer. Les citoyens doivent pouvoir voter sans manipulation, ni crainte », a-t-elle souligné.

Mme Castel a noté que la polarisation, la désinformation et l'ingérence étrangère étaient devenues des constantes dans la vie électorale, tandis que l'IA ajoutait une « nouvelle dimension importante, transformant la communication politique et l'influence des électeurs ». Elle a mis en avant quelques exemples de travaux de l'APCE sur le terrain pour rendre les institutions plus résilientes : « En Ukraine, nous soutenons la cybersécurité de la Commission électorale centrale et contribuons à lutter contre la désinformation. En République de Moldavie, nous proposons des formations en communication de crise et des moyens de surveillance innovants contre la haine en ligne ». « Protéger l'intégrité électorale à l'ère de l'IA nécessite de l'anticipation, de la préparation et une vision stratégique à long terme tout au long du cycle électoral », a-t-elle conclu.

La discussion a également réuni Laura Silver (Pew Research Center, États-Unis) et Mario Hernández Ramos (Président du Comité du Conseil de l'Europe sur l'IA, Espagne), qui ont examiné les attitudes du public à l'égard de l'IA et le potentiel de la Convention-cadre du Conseil de l'Europe sur l'intelligence artificielle pour fournir des garanties mondiales en matière de démocratie et de droits humains.