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L'APCE appelle à un engagement renouvelé envers la Convention d'Istanbul

L'APCE a appelé à la ratification universelle et à la mise en œuvre intégrale de la Convention d'Istanbul, près de 12 ans après l'entrée en vigueur de ce traité historique visant à protéger les femmes contre la violence domestique, et a mis en garde contre le fait que des campagnes de désinformation organisées et des ressources insuffisantes sapaient son efficacité.

Dans la résolution adoptée sur la base d’un rapport de Zita Gurmai (Hongrie, SOC), l’APCE a souligné que « la violence à l'égard des femmes et la violence domestique étaient présentes dans tous les territoires et dans tous les groupes socio-économiques et secteurs de la société » et que « leur prévalence demeurait très élevée, mais que les auteurs restaient souvent impunis car les taux de signalement et de condamnation étaient faibles ».

Les données de l’UE de 2024 indiquent que, bien qu’une femme sur trois soit victime de violences physiques et/ou sexuelles, seule une sur huit signale l’incident à la police, un écart que l’Assemblée attribue à « la stigmatisation, aux attitudes négatives et à la culpabilisation », ainsi « qu’au manque de confiance dans la justice ».

Concernant la situation des femmes les plus vulnérables, l’Assemblée a souligné que « toutes les mesures visant à prévenir et à combattre ces violences et à protéger les victimes devraient être conçues et appliquées sans distinction aucune et en adoptant une approche intersectionnelle, car les femmes victimes de violences n'ont pas toutes le même accès aux services de soutien et à la justice ».

Concernant la violence favorisée par les technologies, la résolution souligne que « la violence en ligne à l'égard des femmes, dont de nombreuses formes sont produites et facilitées par l'évolution rapide des technologies, notamment de l'intelligence artificielle, est de plus en plus répandue et dévastatrice », appelant les États membres à demander des comptes aux plateformes en ligne et aux entreprises technologiques.

L'APCE a appelé les sept États membres du Conseil de l'Europe qui n'ont pas encore ratifié la Convention – l'Arménie, l'Azerbaïdjan, la Bulgarie, la Tchéquie, la Hongrie, la Lituanie et la République slovaque – à le faire sans délai, et a regretté le retrait de la Turquie en 2021, qui a privé « des femmes et des filles des normes élevées qui y sont inscrites ».

Le débat a été ouvert par Ana Redondo, ministre espagnole de l’Égalité, qui a averti qu’« il n’y avait pas de démocratie sans égalité entre les femmes et les hommes – c’est impossible ». Elle a appelé à un renforcement des voix internationales face aux menaces croissantes, déclarant : « nous vivons dans un monde plus violent, plus dangereux, plus injuste. C’est pourquoi nous avons besoin que des voix s’élèvent, comme celle du Conseil de l’Europe, pour défendre véritablement l’égalité et la dignité humaine ».