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LGBT : promouvoir la tolérance et lutter contre la discrimination

“Il fut un temps où les juifs n’avaient pas le droit de s’associer, s’exprimer ou se marier comme ils le voulaient. Etait-ce de l’antisémitisme ? Oui, je le crois. Il est un temps où les homosexuels n’ont pas le temps de s’associer, s’exprimer ou se marier. Est-ce de  de l’homophobie ? Oui, je le crois ». Louis-Georges Tin, Fondateur de l’IDAHO (Journée internationale contre l’homophobie) s’est ainsi adressée, aujourd’hui à Paris, aux membres de la Commission des questions juridiques et des droits de l’homme de l’APCE lors d’une audition sur la liberté de réunion et d’expression des LGBT dans les Etats membres du Conseil de l’Europe et sur la reconnaissance juridique des couples de même sexe.

Le rapporteur de la Commission sur le sujet, Andreas Gross (Suisse, SOC) a ouvert la réunion en soulignant qu’il souhaite que son rapport « réaffirme le droit des LGBT de jouir des mêmes droits fondamentaux que toute autre personne d’un Etat membre du Conseil de l’Europe, et soulignera la nécessité de promouvoir la tolérance et la lutte contre la discrimination ».

Dans ce sens, Joke Swiebel, ancienne membre du Parlement européen et Présidente du Groupe LGBT du PE » a prôné pour « davantage d’information, un climat social qui favorise l’ouverture et des ONG’s qui puissent travailler avec les moyens nécessaires ». « L’établissement de standards de la part des organisations internationales et la sensibilisation de nos parlementaires » est indispensable, a-t-elle dit.

Pour Gultakin Hajiyeva (Azerbaïdjan, PPE/DC), cependant, « les droits des LGBT devraient être garanties, mais pas la reconnaissance légale des couples de même sexe ». Tout comme pour György Frunda (Roumanie, PPE/DC), qui a estimé que dans une Europe en chute démographique, il faut inciter a créer « plus des familles et à avoir plus d’enfants. Nous ne parlons pas là de religion, mais d’un modèle de société ».

Igor Kon, Professeur à l’Académie des sciences de Russie, a regretté que depuis les émeutes qui ont suivi l’organisation de la Gay Pride à Moscou, « les populistes et les cléricaux souhaitent ardemment, à défaut de pouvoir l’interdire totalement, faire de  l’homosexualité un tabou ». Jean-Charles Gardetto (Monaco, PPE/DC), a lui demandé au rapporteur qu’il inclut dans son rapport une mention aux propos tenus par le Patriarche Alexis II dans l’hémicycle de l’Assemblée, « qui a comparé les homosexuels à des malades. Ce qui nous a ému le plus -a-t-il dit- c’est que certains de nos collègues aient applaudi ses mots ».

Au terme d’un long et animé débat, M. Gross a souligné que son rapport visera à analyser les raisons historiques, sociales et politiques qui expliquent la diversité qui existe en Europe en matière de reconnaissance des couples du même sexe, et a cité les cas de l’Espagne et de la Pologne, « qui possèdent une législation radicalement opposé dans ce domaine bien qu’ils aient en commun un patrimoine culturel catholique très marqué ».

L’audition a compté également avec la participation de Jeffery Weeks, Directeur de recherche à l’Université de Londres South Bank, et de Maxim Anmeghichean, Directeurs de programmes de l’ILGA (Association internationale des lesbiennes et des gays). M. Gross devrait présenter un projet de texte sur le sujet aux membres de la Commission lors d’une prochaine réunion.