13/03/2008 Questions politiques et démocratie
Strasbourg, 13.03.2008 – Dans l’introduction de son rapport sur les communautés musulmanes européennes face à l’extrémisme, João Bosco Mota Amaral (Portugal, PPE/DC) explique que la question que beaucoup se posent, à tort ou à raison, est de savoir si la foi musulmane est compatible avec les valeurs et le style de vie occidentaux.
« Je n’accepte pas le concept du choc des civilisations : l’Islam et l’Occident ont coexisté pendant des siècles, sont compatibles et basés sur le même noyau de valeurs universelles. Je vois par contre un sérieux danger dans le choc entre l’idéologie du fondamentalisme islamique et l’idéologie de la démocratie et des droits de l’homme sur laquelle sont fondés les Etats européens », souligne-t-il. « Les chefs d’opinion musulmans en Europe portent une responsabilité spéciale dans la prévention de la propagation de l’idéologie du fondamentalisme islamique, qu’ils doivent condamner fermement et clairement. De leur côté, les responsables politiques européens doivent reconnaître que l’idéologie du fondamentalisme islamique, qui dans certains cas, peut mener à l’extrémisme et à la violence, constitue un problème. Ils doivent agir pour la combattre tout en respectant la foi musulmane et en évitant que les musulmans ordinaires qui professent leur religion de manière pacifique en pâtissent. »
Adopté à une large majorité par la commission des questions politiques, le rapport, qui sera examiné par l’APCE à sa prochaine session plénière (Strasbourg, 14-18 avril) formule une série de propositions concrètes. Il préconise notamment de prendre des mesures fermes contre la discrimination, de condamner et de combattre l’islamophobie, d’agir résolument contre les discours de haine et de veiller au strict respect des droits de l’homme et du principe de la primauté du droit dans la mise en œuvre des mesures antiterroristes.