06/06/2008 Egalité et non-discrimination
"En matière de crimes dits ‘d’honneur’, c’est souvent toute une famille et une communauté entière qui se ligue contre la victime, en invoquant la tradition, la culture ou la religion" a indiqué aujourd’hui Gita Sahgal, représentante d’Amnesty International, lors d’une audition organisée aujourd'hui par la Commission sur l'égalité des chances pour les femmes et les hommes de l'APCE. Elle a précisé que sous l’étiquette des crimes d’honneur figuraient les "meurtres d’honneur", les mariages forcés, les séquestrations, ou encore les mutilations, qui avaient tous pour but de dominer la sexualité des femmes.
"Nous ne devons pas nous limiter à la compassion à l’égard des victimes ou nous contenter d’examiner un système familial patriarcal, mais nous engager à préserver les droit de la personne humaine, par le biais de trois piliers : la prévention, la protection des victimes (ou des victimes potentielles) et celle des témoins, et les poursuites judiciaires ", estime John Austin (Royaume-Uni, SOC), rapporteur de la Commission sur l’égalité des chances pour les femmes et les hommes de l’APCE, pour qui la justice ne doit aucunement adopter une approche communautaire des droits et atténuer la sévérité des peines en invoquant la tradition ou la religion.
Selon les Nations Unies, environ 5000 femmes et filles dans le monde seraient tuées chaque année par leurs proches, ces crimes étant pour la plupart perpétrés dans les pays musulmans ou au sein des communautés immigrées.