18/12/2008 Questions sociales, santé et développement durable
Strasbourg, 18.12.2008 - « La production à grande échelle de végétaux tels que le blé, le maïs ou la canne à sucre, destinés à la fabrication d’agrocarburants, ne constitue pas une solution miracle, pour faire face à la réduction alarmante des énergies fossiles. Au contraire, elle pourrait même être, comme en Amérique du Sud, à l’origine d’une hausse de prix importante des produits agricoles destinés à la consommation humaine, compromettant ainsi l’accès aux denrées alimentaires », a déclaré Nigel Evans (Royaume-Uni, EDG), membre de la Commission de l’environnement, au cœur d’un rapport sur « Produire des denrées alimentaires et du carburant ».
Dans un projet de résolution adopté aujourd’hui, la Commission de l’environnement encourage notamment les Etats membres et la Commission européenne, à mieux tenir compte dans leurs politiques énergétiques et agricoles, des effets nocifs d’un développement trop poussé des agrocarburants sur l’agriculture, l’alimentation et l’environnement (dans plusieurs cas, les agrocarburants produisent plus d’émissions de gaz à effet de serre que les combustibles fossiles qu’ils remplacent).
Le rapporteur estime qu’au-delà de la préoccupation écologique, c’est l’accès à la terre et le risque de famine dans certaines régions du monde, qui sont au coeur du problème : on estime que la quantité de céréales nécessaire pour remplir le réservoir d’une camionnette avec de l’agrocarburant, peut nourrir une personne pendant une année entière.