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Corien Jonker : « Le conflit en Ossétie du Sud a laissé de profondes cicatrices humanitaires »

Strasbourg, 16.03.2009 – « Au retour de ma visite en Ossétie du Sud, je suis profondément préoccupée par les conséquences humanitaires de la guerre entre la Géorgie et la Russie, et par les cicatrices humanitaires laissées par le conflit », a déclaré Corien Jonker, présidente de la Commission des migrations, des réfugiés et de la population de l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe (APCE), après une visite de deux jours dans la région, les 13 et 14 mars 2009. « Les cicatrices sont profondes et visibles au sein de la population restée en Ossétie du Sud, parmi ceux qui ont cherché refuge en Ossétie du Nord, et parmi les Géorgiens de souche qui ont été expulsés et dont les biens ont été détruits ».

« Il n’y a pas de gagnants dans ce conflit », a déclaré Mme Jonker, « que des perdants. La sécurité est devenue l’une des principales préoccupations des habitants d’Ossétie du Sud, qui craignent une reprise du conflit armé. Leurs besoins humanitaires immédiats sont couverts, mais il reste beaucoup à faire pour restaurer les biens détruits, pour garantir l’accès au gaz, à l’électricité et à l’eau courante, et pour assurer leur subsistance ».
 
Mme Jonker s’est rendue dans de nombreux villages de la région, qui était sous le contrôle des autorités géorgiennes avant le conflit. « Ces villages n’existent plus », a-t-elle déclaré, « ce n’est plus qu’un champ de ruines. Ces dommages n’ont pas été causés principalement par la guerre mais après la guerre ; les autorités de facto d’Ossétie du Sud et les autorités russes doivent en assumer la responsabilité ».
 
S’exprimant au sujet des violations durant la guerre, Mme Jonker a souligné : « A l’évidence, des violations des droits de l’homme et du droit humanitaire ont été commises par toutes les parties au conflit, et ces violations devront faire l’objet d’enquêtes. En Ossétie du Sud, je suis vivement préoccupée par des allégations concernant des attaques de l’armée géorgienne visant des civils, en particulier des convois de civils qui cherchaient à fuir la région. Les personnes impliquées doivent être amenées à rendre compte des éventuelles violations des droits de l’homme et du droit humanitaire. »
 
S’agissant du retour des Géorgiens en Ossétie du Sud, Mme Jonker a indiqué que les autorités lui ont assuré que ce retour serait possible sous trois conditions : la sécurité, le retour volontaire et la garantie de conditions de vie décentes. Elle a également indiqué avoir été informée par les autorités que certaines personnes, présumées avoir commis des crimes, ne seraient pas autorisées à retourner dans la région.
 
« Je reste vivement préoccupée par la situation dans le district d’Akhalgori », a déclaré Mme Jonker. « Les autorités m’ont invitée à m’y rendre et j’espère qu’elles m’autoriseront à retourner dans la région pour effectuer cette visite. Selon les informations dont je dispose, la sécurité physique des personnes d’origine ethnique géorgienne n’est pas menacée, mais celles-ci estiment être en situation précaire en ce qui concerne leur avenir, et notamment les déplacements vers le sud, l’accès aux pensions, l’enseignement scolaire et la question des passeports. »
 
Mme Jonker doit établir un rapport sur les conséquences humanitaires de la guerre entre la Géorgie et la Russie (Suites données à la Résolution 1648 (2009)), qui traitera en particulier de la situation en Ossétie du Sud. Ce rapport sera approuvé par la commission des migrations, des réfugiés et de la population lors de sa réunion du 27 mars 2009 à la Haye. L’Assemblée parlementaire se penchera alors sur cette question le 29 avril 2009 à Strasbourg, en même temps qu’elle examinera les suites données à la Résolution 1647 (2009) sur les conséquences de la guerre entre la Géorgie et la Russie.
 
Résolution 1648 (2009)
Résolution 1647 (2009)