24/03/2009 Egalité et non-discrimination
Strasbourg, 24.03.2009 - « Les médias ont un potentiel énorme pour favoriser l’égalité des sexes, pourtant ils perpétuent des représentations négatives des femmes – axées en général sur leur physique ou leur état affectif – les confinant trop souvent dans des rôles stéréotypés », a constaté Doris Stump (Suisse, SOC), lors d’une audition organisée aujourd’hui à Paris par la Commission de l'égalité de l’APCE. « La responsabilité des médias est fondamentale dans la constitution de l’identité de chacun, en particulier des jeunes, et les clichés sans fin diffusés par les médias s’ancrent dans l’inconscient collectif, figeant la place de chaque genre », déplore Mme Stump.
Mais encore faut-il que les femmes tiennent une place dans les médias. L’audition a révélé qu’elles y étaient clairement sous-représentées. En Europe, les femmes ne font pas l’actualité ; elles ne figurent que pour 21% en moyenne dans les informations, et lorsque c’est le cas, elles le doivent principalement à leur célébrité et non à leur expertise. Concernant les femmes politiques, ce sont les suédoises qui ont la meilleure couverture médiatique, avec un taux de représentation de 28% (ce taux chutant à 2% pour les femmes politiques italiennes).
France Inter accorde en moyenne un temps de parole sur les ondes de 27% pour les femmes et de 73% pour les hommes. La répartition de photos d’hommes et de femmes dans la presse quotidienne et hebdomadaire française est aussi révélatrice : 17% pour les femmes, et 53% pour les hommes. Enfin, le taux de présence à la télévision française est de 37% pour les femmes et de 63% pour les hommes, la durée de prise de parole s’élevant à 32% pour les femmes et à 68% pour les hommes.
Autre exemple illustrant l’invisibilité des femmes dans l’information : « Le fait que 15 des victimes de la tuerie de Winnenden sur 16 aient été des jeunes filles, a peu été médiatisé ; si ces victimes avaient été noires, aurions-nous encore des doutes sur les mobiles du meurtrier ? », s’interroge Mme Stump. « Il est essentiel de remédier à ce déséquilibre et de combattre toute forme de sexisme dans les médias. Cela suppose de mobiliser une série d’acteurs – professionnels des médias, pouvoirs publics, instances de régulation audiovisuelle, société civile – pour définir des codes de bonne conduite et promouvoir une ligne éditoriale qui intègre la dimension de genre », a déclaré la parlementaire, à l’issue de l’audition.