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Une jeune femme séquestrée et mariée de force, témoignera en marge de la session de l’APCE

Strasbourg, 23.04.2009 – Humayra Abedin, médecin originaire du Bangladesh travaillant au Royaume-Uni, donnera une conférence de presse le mardi 28 avril .à 11 h 00 (salle 1), en marge de la session de printemps de l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe (APCE). Cette conférence de presse sera diffusée en direct sur le site web de l’Assemblée, http://tv.coe.int/internet/press.html. Le Dr Abedin évoquera, aux côtés de son avocate, Anne-Marie Hutchinson sa séquestration au Bangladesh par sa famille et son mariage forcé, et le dénouement heureux de cette affaire, grâce à la nouvelle législation sur les mariages forcés adoptée au Royaume Uni en 2007[1]

A travers ce témoignage courageux, sera évoquée la situation de nombreuses femmes et filles en Europe confrontées au mariage forcé, aux mutilations sexuelles féminines ou à d'autres pratiques contraires aux droits de la personne humaine, en particulier lorsqu'elles sont rapatriées dans leur pays d'origine et se retrouvent isolées, privées de protection légale ou de possibilités de rapatriement dans leur pays de résidence habituelle.
 
Cette conférence de presse, au cours de laquelle Humayra Abedin apportera son témoignage, précèdera le débat parlementaire qui aura lieu mardi après-midi sur la base du rapport d’Antigoni Papadopoulos (Chypre, ADLE) sur la nécessité d'agir pour combattre les violations des droits de la personne humaine fondées sur le sexe, y compris les enlèvements de femmes et de filles.
 
Dans le projet de résolution qui devrait être adopté mardi prochain, l'APCE appelle les Etats membres du Conseil de l'Europe à mettre en place des mesures efficaces de protection des victimes et de lutte contre les pratiques contraires aux droits de la personne humaine (mariages forcés ou mutilations sexuelles féminines par exemple), y compris lorsqu'elles sont perpétrées dans un pays tiers, à l'instar du "Forced Marriage Act" adopté au Royaume-Uni. L'APCE souligne ainsi la responsabilité des Etats membres pour prévenir et combattre ces pratiques, par des mesures légales efficaces et une coopération renforcée avec les pays d'origine, à l'heure où le Conseil de l'Europe entend renforcer la lutte contre les violences à l'égard des femmes en Europe, au moyen d'une Convention.
 
En 2005, l'APCE avait lancé un appel à tous les Etats membres du Conseil de l’Europe pour fixer à dix-huit ans l’âge minimum légal du mariage et faciliter la prévention, la détection et l’annulation des mariages forcés. Dans une résolution, l’Assemblée s’indignait que « sous couvert du respect de la culture et des traditions des communautés immigrées, des autorités tolèrent les mariages forcés et les mariages d’enfants, alors qu’il s’agit d’un problème qui viole les droits fondamentaux de chacune des victimes ».


[1] Le 26 juillet 2007 a été adopté en Grande-Bretagne le « Forced Marriage Act » qui a pour but de protéger les personnes contre la conclusion d’un mariage forcé, ainsi que celles qui ont été forcées d’en conclure un. Le 25 novembre 2008, la Grande-Bretagne a renforcé sa loi sur les mariages forcés, en permettant au juge d’empêcher des victimes potentielles d’être emmenées contre leur gré à l’étranger et en contraignant la famille à indiquer où se trouve un de leur membre considéré en danger. La justice peut être saisie par une victime, un ami ou la police et les récalcitrants sont passibles de peines de prison.