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Un rapporteur de l’APCE condamne "une dangereuse flambée d’anti-tsiganisme"

Strasbourg, 18.05.2009 – Jószef Berényi (République slovaque, PPE/DC), rapporteur de l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe (APCE) sur la situation des Roms et Président de la Sous-commission sur les droits des minorités de l’APCE, a fait la déclaration suivante, à l’issue d’une audition sur cette question à Târgu Mures en Roumanie :

« C’est avec beaucoup de révolte et de honte que je constate que des évènements d’une rare violence à l’égard de la minorité Rom ont récemment eu lieu dans plusieurs Etats membres du Conseil de l’Europe.

En Italie, des campements Roms ont été brûlés ; en Hongrie deux membres d’une famille Rom – dont un enfant – ont été tués dans l’attaque de leur maison ; en Slovaquie des enfants Roms ont été maltraités et humiliés sadiquement par des représentants des forces de l’ordre ; en Serbie des familles Roms entières se sont retrouvées sans abri après des expulsions sommaires ; en République tchèque des membres d’une famille Rom ont été grièvement blessés dans l’incendie de leur maison provoqué par des cocktails Molotov.

Ce ne sont là qu’une poignée d’exemples révoltants, témoins d’une tendance de plus en plus généralisée en Europe d’anti-tsiganisme de la pire sorte.

La crise financière aidant, les groupes extrémistes usent du spectre du « Rom = criminel », pointant du doigt un bouc-émissaire, proie évidemment facile puisque les Roms sont parmi les populations les plus vulnérables qui soient.

Les discours incendiaires tenus dans plusieurs Etats membres par ces groupes ont abouti à des manifestations d’hostilité réellement agressives et dangereuses pour les membres de la communauté Rom. Il est intolérable que des actes criminels perpétrés par certains individus soient utilisés pour jeter l’opprobre sur la communauté Rom dans son ensemble.

La trop grande passivité des autorités et la complaisance d’une partie de la population face à cette situation intolérable rappellent les heures les plus sombres de l’histoire du continent européen. Le Conseil de l’Europe est né du refus catégorique de voir ces heures sombres se répéter. Depuis, européenne des droits de l’homme condamne régulièrement des Etats membres dans lesquels des Roms ont été maltraités ou discriminés.

C’est pourquoi j’ai l’intention dans mon rapport d’utiliser un ton très ferme et d’appeler avec la plus grande insistance les Etats membres à prendre leurs responsabilités et à tout entreprendre immédiatement pour mettre un terme à cette dangereuse flambée d’anti-tsiganisme.

La représentation des Roms au sein des institutions de l’Etat, ainsi que leur participation active et coordonnée dans les mécanismes de décision sont des éléments clé pour la défense et la mise en œuvre de leurs droits et pour l’intégration réussie de leur communauté. Nous devrions tous encourager fermement la communauté Rom à être la plus active possible. »