13/11/2009 Migrations, protection internationale et coopération économique
Strasbourg, 13.11.2009 – Les migrations pourraient fort bien être une solution pour l’Europe qui cherche à se remettre de la crise économique, a déclaré Mevlüt Çavusoglu (Turquie, GDE), Président de la Sous-commission des migrations de l’APCE, à la fin du Forum de deux jours « Rester, migrer ou rentrer : quel choix dans un monde en récession ? », tenu les 12 et 13 novembre à Antalya (Turquie).
« Les migrants s’adaptent souvent plus facilement aux changements que les populations majoritaires », a précisé M. Çavusoglu. « Leur contribution peut aider les pays à se relever et à s’adapter à de nouvelles conditions. De plus, la crise actuelle est l’occasion ou jamais de repenser nos politiques migratoires, notamment de nous interroger sur la meilleure façon d’équilibrer la nécessité de maîtriser les flux migratoires et celle d’intégrer efficacement nos migrants ». Une Europe vieillissante aura toujours besoin de travailleurs, a-t-il ajouté, et toutes les filières de migration régulière devraient rester ouvertes.
Cependant, des inquiétudes se profilent à court terme : « Les migrants peuvent être les premiers à perdre leur emploi et leur statut légal de résident. Nous avons appris, lors du Forum, que ceux qui perdent leur emploi ne rentrent pas nécessairement dans leur pays d’origine ; un nombre croissant de migrants bien intégrés se retrouvent donc en situation irrégulière, ce qui les rend vulnérables. »
Les migrants en situation régulière devraient pouvoir conserver leur titre de séjour pendant un certain temps après la fin de leur contrat de travail pour pouvoir rechercher un nouvel emploi, a-t-il déclaré. Ils devraient aussi bénéficier de la même aide que la population locale pour retrouver un emploi.
Pour finir, les migrants sont souvent stigmatisés. On leur reproche par exemple de ne pas travailler et ils sont accusés d’autres maux, ce qui ne devrait pas être toléré. Les responsables politiques et les médias devraient donner une image objective des migrants en reconnaissant la contribution positive qu’ils apportent à la société, a indiqué M. Çavusoglu.