18/12/2009 Migrations, protection internationale et coopération économique
Strasbourg, 18.12.2009 – A l'occasion de la Journée internationale des migrants, Corien Jonker (Pays-Bas, PPD/DC), Présidente de la Commission des migrations de l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe (APCE), a fait aujourd'hui la déclaration suivante :
« Les migrants sont une source essentielle de croissance économique pour tous nos pays. Pourtant, sur les 200 millions de migrants dans le monde, beaucoup trop sont encore victimes de violations de leurs droits, de conditions de travail abominables, de discrimination, d'exploitation et même de violences. Nous ne devons pas tolérer cette situation.
Dans la crise économique actuelle où les Etats imposent des conditions très strictes aux candidats à l'immigration et prennent des mesures plus dures pour lutter contre l'immigration clandestine, les immigrés se trouvent dans une situation particulièrement vulnérable : ils sont les plus durement touchés par la disparition des emplois qui peut affecter leur statut de résidence et leur capacité à transférer des fonds. La perte de leur statut juridique place de plus en plus d'immigrés bien intégrés dans une situation illégale et les rend encore plus vulnérables au trafic, à l'exploitation, à la détention et à la déportation. Ils sont aussi pris de plus en plus souvent comme boucs émissaires, ce qui contribue à renforcer les comportements anti-immigrés et xénophobes dans nos sociétés.
Je suis particulièrement inquiète du nombre croissant de femmes migrantes en situation irrégulière. Beaucoup d'entre elles se cachent chez des particuliers, où elles risquent d'être victimes d'abus sexuels, de viols et de conditions de travail proches de l'esclavage. Elles n'ont aucun moyen de protection et ne peuvent s'adresser aux autorités par crainte d'être arrêtées et expulsées. La Journée internationale des migrants est l'occasion de rappeler qu'il est important de reconnaître et de respecter les droits et la dignité de tous les migrants, indépendamment de leur statut, et de renouveler notre appel aux Etats européens pour qu'ils ratifient la Convention des Nations Unies sur les droits des travailleurs migrants ainsi que la Convention du Conseil de l'Europe relative au statut juridique du travailleur migrant.
Cette année, la Journée internationale des migrants coïncide avec le Sommet des Nations Unies sur le climat organisé à Copenhague. On estime que 25 millions de personnes dans le monde ont été forcés de se déplacer en raison des effets dévastateurs des changements climatiques, plus que les réfugiés qui ont fui des guerres. En moins de 50 ans, il pourrait y avoir jusqu’à 250 millions de réfugiés pour raisons climatiques. Les mouvements des personnes obligées de migrer suite à des catastrophes naturelles et d'autres phénomènes environnementaux causés par le réchauffement climatique feront partie des principaux défis auxquels seront confrontés nos pays dans les décennies à venir. Il s'agit d'un problème mondial sans précédent qui exige des réponses novatrices et des politiques fondées sur les droits de l'homme. Nous devons veiller à ce que la protection des droits des personnes obligées de migrer en raison de la dégradation de leur environnement soit au cœur de nos engagements politiques et de nos actions au niveau mondial .»