11/06/2010 Présidence
Dans son allocution d’ouverture de la Conférence européenne des Présidents de Parlement, organisée à Limassol du 10 au 11 juin, le Président de l’APCE, Mevlüt Çavusoglu, a déclaré aux quelque 300 participants que la montée de l’intolérance et de la discrimination était l’un des défis majeurs de l’ère de la mondialisation. « Compte tenu des effets des crises économiques, ces problèmes se sont d’autant plus aggravés » a-t-il dit, soulignant que la maison commune européenne devait être bâtie sur une société ouverte, qui respecte la diversité et refuse l'exclusion, la discrimination, la peur et surtout la haine.
Eu égard à l’un des principaux thèmes de la Conférence, à savoir « la mise en œuvre du principe de non-discrimination », le Président a rappelé que parmi les 47 Etats membres du Conseil de l'Europe, seuls 17 avaient ratifié le Protocole n° 12 à la Convention de sauvegarde des Droits de l'Homme et des Libertés fondamentales consacrant le principe de non-discrimination, que 20 autres l’avaient signé mais ne l’avaient pas ratifié et que plusieurs pays avaient formulé des réserves. « Il importe que nous examinions ensemble les mesures qui pourraient être prises d’une manière plus générale pour intégrer les principes fondamentaux de non-discrimination dans nos législations nationales » a-t-il rappelé aux participants.
« Dans la lutte contre la discrimination, les instruments juridiques sont bien entendu nécessaires. Toutefois, nous devons également faire tout notre possible pour améliorer le climat général de nos sociétés. Il est donc de notre devoir d’intensifier le dialogue interculturel, notamment sa dimension interreligieuse. Nous devons éradiquer le racisme, la xénophobie, l'antisémitisme, l'islamophobie, et toutes les craintes irraisonnées qui conduisent à la discrimination et à l'intolérance, » a poursuivi M. Çavusoglu.
Le Président a également appelé les participants « à recenser les différents domaines où nous pourrions, mieux que nous ne l’avons fait jusqu’à présent, agir pour préserver les droits et les responsabilités de l’opposition au sein d’un parlement », autre thème majeur à l’ordre du jour de la Conférence. Il a rappelé que l’APCE avait été la première assemblée parlementaire internationale à exiger de ses délégations qu’elles représentent équitablement les partis ou groupes politiques des parlements nationaux. « Cette initiative reflète l’importance que notre Assemblée attache au pluralisme politique et à l’interaction entre les groupes majoritaires et minoritaires, entre les forces politiques soutenant le gouvernement et celles s’y opposant » a souligné le Président de l’APCE.
« Car qu’est-ce qu’un gouvernement – et même qu’est-ce que une démocratie – sans une opposition vivante, qui conteste, dérange et agace ? Une vie politique digne de ce nom exige un minimum de compromis entre la majorité et la minorité et cela suppose des concessions des deux côtés. Une opposition qui a le sentiment d’être entendue et respectée, s’investira davantage » a déclaré M. Çavusoglu.
Pour conclure, le Président de l’APCE a remercié le Président Garoyian d’avoir accueilli cette conférence « sur cette magnifique île de Chypre, carrefour des civilisations au fil des siècles » rappelant que l’objectif des travaux de l’APCE avait été, et était encore – pour reprendre les termes de la résolution (1628) 2008 de l’APCE – de parvenir « à un règlement équitable, durable et global, qui rétablisse la paix et l’unité de Chypre, tout en garantissant les droits légitimes des Chypriotes grecs et turcs, dans le strict respect des valeurs et des principes du Conseil de l’Europe ». « Nous nous réjouissons que les négociations entre les deux parties aient désormais repris et nous ne doutons pas qu’elles porteront leurs fruits très prochainement » a conclu le Président.