21/06/2010 Session
Le Président de l'APCE a affirmé aujourd'hui, à l'occasion de son discours d'ouverture de la partie de session de juin de l'Assemblée, que cette session serait marquée par la venue de trois chefs d'Etat et de gouvernement des Balkans occidentaux, une communication de la présidence macédonienne du Comité des Ministres et un débat sur la situation au Kosovo. Il a souligné qu'outre ses visites officielles dans la région et les débats antérieurs de l'APCE sur l'Albanie et la Bosnie Herzégovine, la priorité accordée aux questions en jeu dans ces pays illustrait très clairement la dimension balkanique du Conseil de l'Europe en général et de sa présidence en particulier.
« Je saisis cette occasion pour dire à nos amis des pays des Balkans : nous sommes fiers des progrès que vous avez faits pour transformer vos pays en conformité avec les principes du Conseil de l'Europe, nous sommes prêts à vous aider encore plus dans ce processus et nous soutenons avec détermination vos efforts pour adhérer le plus vite possible à l'Union européenne » a t il déclaré.
Evoquant le débat semestriel sur l'état de la démocratie en Europe, le Président a souligné qu'il venait à point nommé. « Dans bon nombre de pays européens, après le premier choc de la crise économique et financière, nous commençons à ressentir, et à craindre, les conséquences que cette crise peut avoir sur le fonctionnement de nos systèmes démocratiques » a t il dit en ajoutant que nous courions le risque de voir certains groupes défavorisés devenir encore plus vulnérables et d'assister à une montée de l’intolérance et de la discrimination. « Ce sont là les problèmes qui sont au cœur de nos systèmes politiques. La démocratie doit exister pour tous ou alors nous n'avons pas de véritable démocratie », a t il affirmé.
Il a ensuite annoncé qu'il aimerait mettre à profit le forum sans équivalent que représente l'Assemblée pour organiser, l'année prochaine à Strasbourg, un débat avec les Premiers ministres de l'Espagne et de la Turquie qui sont à l'origine de l'Alliance des civilisations, avec la participation de divers chefs religieux. « A cet égard, j'attends avec grand intérêt notre débat sur le rapport « Islam, islamisme et islamophobie en Europe ». Ce débat ne sera pas facile mais je suis convaincu qu'il produira les bons résultats » a t il précisé.
Le Président a, en outre, souligné que son rôle, en tant que Président de l'APCE, était de promouvoir les valeurs du Conseil de l'Europe dans les Etats non membres. « A cet égard, le raid israélien contre des navires civils apportant de l'aide humanitaire à Gaza, au cours duquel neuf personnes ont perdu la vie, m'a profondément choqué. Immédiatement après cet événement tragique, j'ai prononcé une déclaration dans laquelle je condamnais cette action des forces israéliennes et déplorais l'usage disproportionné de la force. Rien ne saurait justifier que l'on prenne pour cible des personnes menant des activités humanitaires et pacifiques ; c'est là un acte contraire aux valeurs du Conseil de l'Europe. La demande de débat d'urgence sur le Proche Orient a été soutenue ce matin par le Bureau et nous aurons donc très probablement l'occasion d'adopter une position de l'Assemblée sur ce sujet » a t il déclaré.
Enfin, le Président a souligné que le Conseil de l'Europe n'était pas équipé pour traiter des situations d'urgence comme celle du Kirghizstan où des tensions ethniques, instrumentalisées à des fins politiques, ont fait des centaines de victimes et des milliers de réfugiés et de personnes déplacées. « Mais ne devrions nous pas être plus proactifs avant [que ces crises] ne se produisent ? Ne devrions nous pas mettre à profit plus généreusement notre statut de partenaire pour la démocratie et le proposer à des pays qui ne sont peut être pas encore parvenus au niveau de nos normes mais où notre implication pourrait faire une réelle différence et sauver des vies ? » a conclu le Président de l'APCE.