12/08/2010 Questions sociales, santé et développement durable
Strasbourg, 12.08.2010 – Paul Flynn (Royaume-Uni, SOC), qui a été le rapporteur de l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe (APCE) sur la gestion de la pandémie de grippe H1N1, s’est félicité de la publication hier, par l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), de la liste des membres de son comité d’urgence sur la pandémie, ainsi que de leurs déclarations d’intérêts.
« Il y a un an, ces 15 experts nous ont raconté que le monde était confronté à une grave crise sanitaire. Dans ce cas précis, ils se sont trompés, ce qui est regrettable : leurs conseils ont amené l’OMS, l’Union européenne et les gouvernements nationaux à largement surestimer la gravité de l’épidémie de H1N1, à gaspiller d’importantes sommes provenant des fonds publics et à affoler inutilement la population. Il est vrai que leur rôle n’est pas facile. Ils doivent essayer de prédire l’avenir, parfois à partir de données très limitées. Leurs paroles engagent potentiellement des milliers de vies humaines, et des milliards d’euros de contrats.
Du fait de ces pressions contradictoires, nous devons pouvoir être absolument certains que les conseils de ces experts sont fondés sur des preuves scientifiques solides et qu’ils sont inspirés uniquement par la volonté de protéger la santé publique. Le seul moyen d’y parvenir est de garantir la transparence la plus totale. Lorsqu’une nouvelle pandémie se déclenchera, il faudra que le public puisse savoir, dès le début, qui recommande des mesures aussi draconiennes, et connaître les liens que ces personnes peuvent avoir avec l’industrie pharmaceutique, à laquelle de telles recommandations sont susceptibles de profiter.
J’attends avec intérêt les recommandations du groupe qui examine actuellement le traitement de la pandémie de H1N1 par l’OMS. J’espère qu’il proposera que les noms des experts soient publiés dès leur nomination, ainsi que d’autres mesures recommandées par l’Assemblée visant à accroître la transparence sur la prise de décisions au sein de l’OMS. Cela permettrait de restaurer la crédibilité de l’OMS et de garantir que ses conseils soient pris au sérieux lorsque la prochaine pandémie frappera. »