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La misère produit des violations des droits de l'homme

L'extrême pauvreté est le deni de tous les droits de l'homme, à travers un cercle vicieux. Les droits de l'homme sont interdépendants et interconnectés : la perte de l'un entraîne souvent la perte des autres, et inversement, l'accès à l'un permet l'accès à l'autre: situation financière précaire, mauvaise santé, chômage, conditions de logement exiguës, éducation médiocre, emploi précaire, réseau social et liens familiaux à peine existants. La pauvreté mène à l'exclusion sociale et inversement. Tel est le constat d’une audition sur « combattre la pauvreté » organisée aujourd’hui à Paris par la Commission des questions sociales, en vue d’un rapport que Luca Volontè (Italie, PPE/DC) devrait présenter à une prochaine session de l’APCE.
 
"Si nous voulons vraiment éliminer la grande pauvreté, nous devons être guidés par les droits de l'homme, par le respect de la dignité de tous les êtres humains. Nous devons passer d'une approche basée sur les statistiques et la charité à une approche focalisée sur les droits et l'accès à ces droits sans discrimination," ont souligné les participants. Dans ce contexte, ils ont mis en garde contre l'objectif fixé par l'UE de diminuer de 20 millions le nombre de pauvres en Europe à l'horizon 2020. Cela reviendrait à abandonner des millions de personnes. Un tel objectif risque de renforcer l'exclusion en masquant les inégalités et en incitant les Etats membres à concentrer leurs efforts sur les personnes les plus facilement accessibles, ayant le plus de facilités à s'en sortir, plutôt que les personnes les plus pauvres, les plus marginalisées. Les vrais objectifs que les Etats devraient fixer sont par exemple que plus personne ne soit sans logement digne dans dix ans, que plus un seul jeune ne sorte du système scolaire sans formation dans cinq ans.

Les participants ont souligné l’importance de pouvoir disposer de mécanismes d'opposabilité permettant aux victimes de violations des droits de l'homme d'obliger les responsables à rendre compte de leurs actions, ou de leur incapacité à agir, y compris par le biais de la Cour européenne des droits de l'homme. Par ailleurs, il faudra promouvoir de nouvelles formes de gouvernance et de participation à tous les niveaux : local, national et international. Enfin, il faut agir très tôt, dès qu’une personne s’approche du seuil de pauvreté et surtout dès le plus jeune âge, sans cependant séparer les enfants de leurs familles. Eviter et prévenir la pauvreté est le meilleur moyen de la combattre, ont déclaré les participants.
 
"La pauvreté économique est certes l’un des aspects les plus dramatiques de la pauvreté, mais mon rapport devra également refléter d'autres aspects, à savoir notamment la capacité d'inclusion dans nos sociétés - le renforcement des liens familiaux, la participation à la vie publique de tous - ainsi que l'eventail des mesures de prévention de la pauvreté dont nous disposons," a souligné le rapporteur Luca Volontè en conclusion.