26/11/2010 Questions sociales, santé et développement durable
« Une des conclusions de notre conférence pourrait être l’affirmation que l’énergie nucléaire est bien placée pour répondre aux besoins énergétiques de nos sociétés, car elle est abondante et ne contribue pas au réchauffement climatique. Mais la production et la gestion d’une telle source d’énergie, dangereuse par nature, doit surtout viser la réduction au maximum des risques par une gestion optimale des déchets ».
Par ces paroles, Vladimir Grachev, représentant de Rosatom, Corporation d’Etat de la Fédération de Russie et ancien membre de la Commission de l’environnement de l’Assemblée, a résumé bon nombre des points de vue exprimés lors de la Conférence sur l’énergie nucléaire organisée par cette Commission, qui a réunie à Strasbourg une centaine d’experts en la matière.
« Nous avons souvent entendu le mot danger -a-t-il ajouté- et certes il y a danger, mais ce danger est cerné et on peut le confiner, le limiter, le réduire au maximum, et il nous appartient de le faire ainsi. J’appelle de mes vœux à ce que l’Assemblée parlementaire se saisisse de cette question ».
Nils Bøhmer, représentant de la Fondation norvégienne Bellona, a rebondi sur la question, en reconnaissant qu’il existera bientôt dans certains pays européens, notamment dans les pays scandinaves, d’excellents lieux de stockage des déchets nucléaires, « mais qu’en sera-t-il des autres pays européens qui ne disposeront de telles structures, et qui auront recours à des dépôts avec des niveaux de sécurité bien plus aléatoires ? », s’est-il demandé.
Dans ce contexte, Peter Wikberg, Directeur de la recherche de la Compagnie suédoise du combustible nucléaire et de la gestion des déchets (SKB), s’est demandé si la gestion des déchets nucléaire est un avantage ou un inconvénient pour l’avenir du nucléaire. Un pays comme la Suède, a-t-il affirmé, a la possibilité de faire profiter de son expérience à d’autres pays qui n’ont pas des dépôts de stockage, car le stockage « est peut être bien la question fondamentale que nous nous devons de traiter ».
Claude Fischer, Présidente de l’association « Confrontations Europe », a exprimé les dernières observations sous forme de questions : faut-il que chaque Etat européen construise des lieux de stockage ? Serait-il envisageable le recours à un centre unique européen ? Faudrait-il mutualiser les coûts de gestion des déchets nucléaires ? Autant de questions auxquelles l’Assemblée parlementaire devra essayer d’apporter des réponses.
Et a elle de conclure : « la renaissance pose de nombreuses questions et l’Europe n’a pas encore un cadre de marché européen pour permettre à l’industrie européenne du nucléaire de se développer, et dans son développement elle ne sera gagnante que si elle est capable de produire l’énergie la moins chère du monde tout en étant la plus sûre de la planète ».