02/12/2010 Egalité et non-discrimination
Strasbourg, 30.11.2010 – Carina Ohlsson (Suède, SOC), Présidente de la Sous-commission de l’enfant de l’APCE, a exposé les changements législatifs qui devraient être mis en œuvre partout en Europe pour protéger les enfants contre les abus sexuels.
Une délégation de 14 membres de l’APCE participe au lancement, à Rome, de la nouvelle campagne du Conseil de l’Europe «un sur cinq» visant à mettre un terme aux violences sexuelles infligées aux enfants, afin d’appeler l’attention sur les projets ambitieux de la dimension parlementaire de la campagne. Il est notamment prévu de créer un réseau de «parlementaires de référence» (un dans chacun des 47 parlements nationaux) pour faire pression en faveur d’un renforcement des législations contre les abus sur mineurs et de publier un manuel comparant les législations nationales et mettant en avant les bonnes pratiques.
Intervenant aujourd’hui lors d’une table ronde organisée dans le cadre de la manifestation de lancement, Mme Ohlsson a affirmé que le succès passait d’abord par des lois strictes, dûment mises en application. Ces lois devraient notamment établir que les abus sur mineurs peuvent être poursuivis même en l’absence d’accusations portées par les victimes et leurs auteurs traduits en justice même si les faits sont anciens, et que les personnes qui travaillent au contact d’enfants doivent faire l’objet de contrôles appropriés par la police.
Elle a par ailleurs souligné la nécessité de mettre en place des méthodes et des procédures centrées sur l’enfant, citant en exemple les centres de défense des droits de l’enfant, parfois appelés «maisons des enfants», qui ont été créés en Suède et dans d’autres pays. Ces centres réunissent sous un même toit tous les services concernés – police, services sociaux, professionnels de santé, juristes –, pour éviter que les enfants victimes ne soient renvoyés de bureau en bureau et obligés de raconter à chaque fois leur histoire.
S'exprimant plus tard dans la journée, la rapporteuse de l’APCE pour les sévices sur des enfants placés en établissement, Marlene Rupprecht (Allemagne, SOC), a lancé un appel afin que toute personne qui est en contact avec un enfant et qui a l’impression que celui-ci peut être exposé à un risque de sévices sexuels intervienne immédiatement et ouvertement en faveur de l’enfant.
A l’occasion d’un débat public, Mme Rupprecht – qui est aussi la «parlementaire de référence» pour l’Allemagne – a déclaré que l’incitation à intervenir ouvertement en faveur des enfants risquant de faire l’objet de sévices sexuels devait être l’un des principaux messages de la campagne. Elle a cité le slogan d’une campagne allemande actuelle sur le même thème : «Briser le silence c’est briser le pouvoir des délinquants».