24/01/2011 Session
Strasbourg, 24.01.2011 – Dans son discours d’ouverture de la session de janvier de l’Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe (APCE), le Président de l’Assemblée, Mevlüt Çavuşoğlu, a regretté que dans certains Etats membres, des affrontements entre le gouvernement et l'opposition mettent gravement en danger le fonctionnement des institutions démocratiques.
« De telles situations sont inacceptables – on ne doit pas mourir parce qu’on mène un combat politique », a déclaré le Président, se référant à la situation en Albanie, où les tensions existantes ont dégénéré, provoquant la mort de plusieurs personnes la semaine dernière. « Il importe que nous soutenions activement les mutations démocratiques en favorisant une évolution pacifique. C'est pourquoi il faut que nous soyons davantage présents en Tunisie. Le peuple qui est descendu dans la rue nous envoie un message clair : « Aidez-nous à bâtir une société démocratique fondée sur davantage d'égalité et de justice », a-t-il poursuivi.
Ayant été réélu pour un nouveau mandat d'un an à l'ouverture de la session, le Président a fait une évaluation positive de sa première année en poste, tout en regrettant que « certaines de nos initiatives aient eu des résultats mitigés. Je pense en particulier aux conflits gelés en Europe. Les négociations concernant le règlement de ces conflits sont essentiellement menées par des diplomates de carrière, mais la diplomatie parlementaire joue aussi un rôle important en créant un climat de confiance propice à des solutions durables. Qu'il s'agisse de l'Abkhazie, de la Transnistrie, du Haut-Karabagh, de l'Ossétie du Sud ou de l'île de Chypre, les progrès réalisés l'année dernière pour instaurer un tel climat ne sont guère significatifs. Nous devons et allons poursuivre nos efforts, tout simplement parce qu'il n'y a pas d'autres solutions. »
Le Président de l'APCE a également rappelé à l'Assemblée une importante commémoration qui a traditionnellement lieu pendant la session de janvier : la libération du camp de concentration d'Auschwitz. « La date de la libération du camp d'Auschwitz n'est pas une date ordinaire. Elle nous rappelle cruellement ce que peut être le sort de populations lorsque les principes universels des droits de l'homme ne sont pas respectés et que l'on commence à subdiviser les individus, les groupes et les nations en catégories, fondées ou non à jouir des droits de l'homme. Les droits de l'homme et des libertés doivent être les mêmes pour tous, telle est notre position et c'est à l'aune de ce critère que nous devons mesurer le niveau de démocratie dans nos sociétés. »
Dans la perspective du débat d'urgence sur la violence contre les Chrétiens au Proche-Orient, le Président a souligné que la violence religieuse, fléau de l'humanité depuis la nuit des temps, avait fait des millions de victimes à travers les siècles. « Les extrémistes religieux ont toujours été là pour flétrir le message humaniste fondé sur les valeurs des principales religions. Nous devons affirmer haut et fort que ceux qui tuent au nom de la religion ne sont pas des croyants, mais des fanatiques et des terroristes », a-t-il déclaré.
S'agissant du Bélarus et du débat d'urgence prévu pendant la session de janvier, le Président a souligné qu'il continuait de penser que des progrès sont possibles par le contact et le dialogue. « Cela dit, ce dialogue ne saurait s'engager lorsque les gens sont emprisonnés pour des motifs politiques évidents. Des candidats à la présidence et des défenseurs des droits de l'homme sont toujours en prison et certains sont en mauvaise santé. Leur libération doit être immédiate, c'est à cette condition que nous maintiendrons nos relations », a-t-il conclu.