16/03/2011 Questions juridiques et droits de l'homme
Strasbourg, 16.03.2011 - Jean-Charles Gardetto (Monaco, PPE/DC), rapporteur de l’APCE sur le Comité européen pour la prévention de la torture (CPT), exhorte les autorités grecques à respecter les normes minimales européennes concernant la rétention des étrangers en situation irrégulière et les personnes placées en milieu carcéral.
« Lorsque le CPT fait une déclaration publique, fait rarissime, il y a un grave problème. La déclaration d’hier est la sixième en vingt ans, et la première concernant un pays membre de l’Union européenne. Le CPT a critiqué dès 1997 les mauvaises conditions de rétention des migrants en Grèce. Les recommandations du CPT découlant des constatations faites sur le terrain en 2005, 2006, 2007 et 2009 n’ont pas été suivies d’effet. De même, le Comité pointe du doigt la situation dramatique dans laquelle se trouve le système pénitentiaire grec, considéré comme étant inapte à proposer des conditions de sûreté et de sécurité aux personnes incarcérées. Il est désormais temps que l’opinion publique européenne réagisse. La Grèce est tenue de coopérer pleinement avec le CPT afin de protéger la dignité humaine de toutes les personnes privées de liberté. Il s’agit là d’un impératif, vis-à-vis du CPT comme de ses partenaires européens, qui ne doivent pas laisser la Grèce seule face à la crise provoquée par l’afflux massif de réfugiés et migrants à ses frontières. »
Jean-Charles Gardetto présentera son rapport sur le renforcement des mécanismes de la prévention de la torture en Europe lors de la session d’avril de l’Assemblée parlementaire. Le projet de résolution adopté par la Commission des questions juridiques et des droits de l’homme le 8 mars prévoit notamment qu’un suivi plus énergique soit donné aux déclarations publiques du CPT.