18/03/2011 Culture, science, éducation et médias
Strasbourg, 18.03.2011 - « Aujourd’hui nous sommes confrontés à des manifestations d’intolérance, de rejet et de violence et la cohésion sociale risque d’être brisée. Il est urgent d’établir un nouveau paradigme du « vivre ensemble ». Chacun doit non seulement accepter l’existence de sensibilités diverses, religieuses ou non, mais aussi les respecter. Feindre l’indifférence est inapproprié, se sentir menacé est une erreur », a aujourd’hui souligné Anne Brasseur (Luxembourg, ADLE) en présentant son rapport sur la dimension religieuse du dialogue interculturel à la Commission de la culture à Paris.
« La responsabilité des autorités publiques est engagée tout comme celle des autorités religieuses et des responsables des mouvements humanistes. Nous devrons à l’avenir mettre en exergue non pas ce qui nous sépare, mais ce qui nous unit, à savoir les valeurs fondamentales du Conseil de l’Europe qui constituent le socle commun de toute société démocratique. Aucune religion, aucun courant de pensée ne peut se substituer et encore moins se placer au-dessus de ces valeurs fondamentales », a-t-elle rappelé.
Elle a ajouté qu’il est indispensable que les diverses Eglises et communautés religieuses défendent la Convention européenne des droits de l’homme, affirment l’égale dignité de toutes les personnes et adhèrent sans réserve aux principes démocratiques et aux droits de l’homme. « Je suis d’avis, étant donné qu’il s’agit de défendre ensemble les valeurs fondamentales du Conseil de l’Europe, qu’il importe d’établir une plate-forme commune réunissant les représentants des Eglises, des mouvements humanistes et des autorités publiques », a déclaré Mme Brasseur.
Enfin, elle a souligné l’importance du rôle de l’éducation et notamment de la formation des enseignants en général et des cadres religieux.
Le projet de recommandation adopté aujourd’hui par la Commission de la culture rappelle que l’affirmation du droit inaliénable à la liberté de pensée, de conscience et de religion, consacré par la Convention européenne des droits de l’homme, implique la liberté pour chacun d’avoir (ou non) une religion et de manifester sa religion individuellement et en privé, ou de manière collective, en public et dans le cercle de ceux dont on partage la foi.
La commission a insisté sur la nécessité pour chacun d’apprendre à partager ses différences de manière positive et à accueillir l’autre avec les siennes, afin de construire des sociétés cohésives, ouvertes à la diversité et respectueuses de la dignité de toute personne. Il convient, a-t-elle souligné, de développer un partenariat dynamique et fructueux entre les institutions publiques, les collectivités religieuses et les groupements s’inspirant d’une vision non religieuse. C’est pourquoi le Comité des Ministres devrait promouvoir un véritable partenariat pour la démocratie et les droits de l’homme entre le Conseil de l’Europe, les religions et les principales organisations humanistes, visant à favoriser l’engagement actif de toutes les parties prenantes dans des actions de promotion des valeurs fondamentales de l’Organisation. Il devrait également créer, pour ce faire, un espace de dialogue, une table de travail entre le Conseil de l’Europe et de hauts représentants de religions et de convictions non religieuses, afin d’asseoir les relations existantes sur une plate-forme stable et formellement reconnue. Cette initiative devrait être développée en concertation avec les parties intéressées et en association avec l’Assemblée parlementaire, l’Union européenne et l’Alliance des civilisations.
« Nous devons réapprendre à devenir plus humbles. Plus humbles pour reconnaitre et respecter l’autre, plus humbles pour admettre que nos convictions ne sont pas les seules valables, plus humbles pour ne pas vouloir imposer notre façon de voir aux autres, plus humbles pour contribuer à construire une société dans laquelle chaque individu trouve sa place selon ses aspirations », a conclu Mme Brasseur. Son rapport sera débattu lors de la prochaine session plénière de l’APCE (Strasbourg, 11-15 avril).