22/03/2011 Questions sociales, santé et développement durable
Par le passé, producteurs et consommateurs d’images de pornographie enfantine constituaient un groupe marginal et restreint. Cependant, les possibilités d’interconnexions et d’échange d’images et de vidéos via Internet ont entraîné une explosion du nombre de pédophiles dans le monde, ont déclaré aujourd’hui, à Paris, les participants à une audition sur la lutte contre la pornographie enfantine organisée par la Commission des questions sociales dans le cadre de la campagne contre la violence sexuelle à l’égard des enfants.
La facilité des communications et l’anonymat qu’offre le monde virtuel de l’informatique, qui permet de lever presque tous les obstacles sociaux et les tabous qui, dans de nombreux cas, décourageaient les criminels potentiels, ont non seulement fourni un terreau à l’émergence de nouveaux criminels, mais aussi le cadre idéal où ils peuvent commettre leurs délits. Ce monde virtuel leur fournit aussi des structures et des mécanismes rendant les poursuites extrêmement difficiles, ont indiqué les participants.
Par conséquent, ont-ils ajouté, la pornographie enfantine doit être combattue sous l’angle des technologies de l’information et de la communication. Le rapporteur sur cette question, Agustín Conde Bajén (Espagne, PPE/DC), a insisté sur l’importance de décider s’il convient ou non d’avoir recours au blocage des sites Web en tant que mesure concrète et obligatoire dans la lutte contre les matériels de pornographie enfantine sur Internet.
Les participants ont souligné la nécessité de développer la coopération. Ces problèmes sont de dimension mondiale, et c’est aussi à cette échelle qu’ils doivent recevoir des solutions coordonnées. Il est important de fournir des espaces de discussion, tels que ce programme, où il est possible d’échanger des idées, des initiatives et des propositions pour renforcer la protection des droits des enfants, ont-ils précisé.
Les Etats membres doivent adopter des stratégies et des mesures nationales ambitieuses pour mieux protéger les enfants contre l’exploitation et les abus sexuels, même lorsque ces actes sont commis via Internet, ont-ils déclaré en conclusion. A cet égard, ils ont aussi appelé les Etats membres qui ne l’ont pas encore fait à signer et ratifier la Convention du Conseil de l’Europe sur la protection des enfants contre l’exploitation et les abus sexuels, qui prévoit des mesures pour prévenir de tels actes, améliorer les poursuites aux niveaux national et européen et offrir aux victimes une protection et une assistance adéquates.