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Il faut éviter un deuxième séisme – social et économique – en Haïti, rappelle la Commission des questions sociales

Lors d’une audition organisée par la Commission des questions sociales aujourd’hui à Paris, les participants ont fait le point sur les mesures que l’Europe peut prendre en faveur des enfants de régions ravagées par un désastre naturel et en situation de crise : l’exemple de Haïti. « Les enfants sont les plus vulnérables à tous les niveaux dans les situations de crises. Du fait que les structures sociales qui les protègent d’habitude – la famille, l’école, la police, l’Etat de droit – se trouvent déstabilisées voire détruites lors de ces catastrophes, et du fait de leurs besoins spécifiques en matière d’alimentation, de soin ou de protection, ils sont les premières victimes de toutes les catastrophes ou conflits, » a rappelé la rapporteuse sur ce sujet, Françoise Hostalier (France, PPE/DC).

« La situation en Haïti nous permettra de recouvrir l’ensemble de ces situations : un conflit politique durable proche, il y a quelques années, d’une guerre civile ; une catastrophe naturelle majeure à travers le séisme du 12 janvier 2010 et maintenant une crise sanitaire due à l’épidémie de choléra, » a-t-elle ajouté.

Les experts intervenants, Michel Forst, rapporteur spécial des Nations Unies sur la situation des droits de l’homme en Haïti, Isabelle Moussard-Carlsen, responsable géographique en charge de la mission en Haïti, Action contre la faim et Pierre Salignon, Directeur général action humanitaire, Médecins du Monde France ainsi que Pierre Poupard, coordinateur principal des urgences à l’Unicef ont rappelé que les Etats membres du Conseil de l’Europe doivent reconnaitre que, dans des situations de crises l’enfance est un facteur de vulnérabilité en tant que tel, et que les réponses apportées doivent le prendre en compte systématiquement, à tous les stades de l’intervention. Il faut à tout prix éviter un deuxième séisme, cette fois social et économique, ont-ils mis en garde.

Pour les parlementaires et experts, il est urgent de rétablir « la sécurité humaine » en Haïti, notamment en garantissant l’effectivité de tous les droits et le rétablissement de l’Etat de droit, tout en protégeant la population contre la maladie, la violence, la faim… Ces mesures doivent être accompagnées par la mise en place de mécanismes pour lutter contre l’adoption abusive y compris à travers la ratification de la Convention de la Haye sur les adoptions ainsi que des mesures contre les enlèvements et le trafic d’enfants. En même temps, il faut assurer un contrôle effectif sur les structures d’accueil illégales et lutter contre le phénomène des enfants en domesticité.

Enfin, il faudra également appeler les Etats européens impliqués dans le règlement de la crise en Haïti à assumer leurs responsabilités sur le plan humanitaire. Il y a près d’un an, une aide de 9.8 milliards de dollars pour la reconstruction à moyen et à long-terme avait été promise, selon Mme Moussard-Carlesen. Or, un an après le séisme, des projets de reconstruction équivalents à une dépense de 3,1 milliards de dollars avaient été décidés dans le cadre de la Commission Intérimaire pour la Reconstruction d’Haïti. Seule la moitié de cette somme a été effectivement déboursée, a-t-elle déclaré.

La clé d’une réponse efficace dans le long terme réside dans la capacité des principaux acteurs internationaux investis dans une crise à produire un soutien en faveur des acteurs nationaux, pour un rétablissement des services de base indispensables, la restauration des principales infrastructures et la création de solutions génératrices de revenus. Or, ce soutien aux autorités locales et aux acteurs de développement n’est que trop rarement assuré de façon efficace et coordonnée, ont rappelé les participants.