07/04/2011 Présidence
Strasbourg, 07.04.2011 – Mevlüt Çavuşoğlu, Président de l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe (APCE), a lancé un appel urgent pour que les Roms aient davantage voix au chapitre sur le plan local, national et international.
« Les Roms constituent la minorité d'Europe la plus importante en nombre, présente dans pratiquement chacun des 47 Etats membres du Conseil de l'Europe et pourtant, leur participation à la vie politique et publique reste très limitée », a fait observer le Président lors d’une déclaration à la veille de la Journée internationale des Roms, le 8 avril. « C’est totalement inadmissible, surtout quand on sait que cette minorité est toujours confrontée à des conditions choquantes dans certaines régions d'Europe, ainsi qu'à des mauvais traitements et à des discriminations manifestes. »
« Le problème est que nous avons passé trop de temps à essayer de faire quelque chose pour les Roms, au lieu de le faire avec eux. Le temps est venu d'adopter une approche nouvelle : les Roms eux-mêmes savent ce qu'il convient de faire et sont d'ores et déjà prêts à donner expression à leurs espoirs, aspirations, idées et besoins. Mais ils n'ont pas toujours la possibilité d'être entendus.
Le Conseil de l'Europe a donné une impulsion importante dans ce sens en contribuant à la création du Forum européen des Roms et des Gens du voyage (FERV), qui offre aux Roms la possibilité de s'exprimer au niveau paneuropéen. Depuis janvier, des représentants du FERV sont invités aux réunions des commissions de l’APCE à chaque fois que des questions les concernant sont à l'ordre du jour. Nous avons par ailleurs convenu de nous engager dans une démarche plus active de consultation et de coordination. Les Roms ont enfin une place à la table de l'Europe, mais il reste encore beaucoup à faire.
Ainsi, aucun Rom ne siège à notre Assemblée constituée de 636 membres, et cela doit changer. J'encourage les délégations nationales auprès de l'Assemblée à inclure des membres de la minorité rom. Des sièges doivent également être réservés aux Roms dans les parlements nationaux, ainsi que dans les instances élues au niveau local et régional au sein desquelles beaucoup de décisions prises affectent directement les communautés roms.
Ce n'est qu'en mettant en place un partenariat fort et élargi avec les Roms, à tous les niveaux, que nous pourrons réellement commencer à améliorer la situation de ces 12 millions d'Européens victimes de tant de préjugés depuis si longtemps », a déclaré le Président.