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De nombreux mythes subsistent dans la représentation du viol dans les médias

« Les médias ont un rôle essentiel à jouer dans la contestation des mythes qui perdurent dans la représentation du viol, et qui agissent sur la perception du viol dans l’opinion publique », a souligné aujourd’hui à Strasbourg Heather Harvey, représentante de l’ONG Eaves, lors d’une réunion du réseau des parlementaires de référence de l’APCE engagés dans la lutte contre la violence à l’égard des femmes.

« Ce sont souvent les affaires les plus spectaculaires en matière de viol – par exemple celles touchant des personnalités – qui sont relayées par les médias, alors que les auteurs de ces actes gravitent principalement dans l’environnement familial ou social immédiat de la victime », a-t-elle ajouté. « Les stéréotypes concernant les victimes, mais aussi les agresseurs, sont multiples ; une victime, ayant une attitude sociale en contradiction avec l’image de la femme parfaite, ou qui aurait eu un comportement antérieur transgressif « ne mérite pas d’être prise au sérieux ». De même, l’image véhiculée du violeur type est souvent celle de personnes sous l’emprise de drogues ou d’alcool, ou encore d’anciens détenus ou de migrants.

Lee Eggleston, Présidente de l’ONG Rape Crisis (Angleterre et Pays de Galles) a souligné, quant à elle, la nécessité d’une assistance appropriée aux victimes, en particulier l’importance du conseil pour s’orienter dans la procédure pénale. Elle estime également que les médias ont une responsabilité dans le rétablissement d’un certain nombre de vérités, à savoir que : le viol est une violence sexuelle ; cette violence ne peut se justifier en aucune manière, 100% de la responsabilité de l’acte incombe au violeur ; il n’y a pas de circonstances selon lesquelles la victime « encourage » le viol. Selon Mme Eggleston, les médias s’intéressent moins à la violence sexuelle en soi, qu’à l’histoire personnelle des victimes ou des auteurs ; à cet égard, ils devraient privilégier une présentation objective des faits, et ne pas se faire l’écho de la victime ou du violeur.

Carlo Chiaromonte, Secrétaire auprès du Comité d’experts chargé de l’élaboration de la Convention du Conseil de l'Europe sur la prévention et la lutte contre la violence à l'égard des femmes et la violence domestique a, pour conclure, exposé des dispositions de la convention en lien avec la discussion. Il a évoqué l’aspect prévention, le rôle des médias dans la mise en place de lignes directrices pour prévenir la violence à l’égard des femmes, le soutien aux victimes, la problématique du consentement. Il a également cité l’article 54 de la convention, qui encourage les Etats membres à prendre les mesures législatives nécessaires pour que, dans toute procédure civile ou pénale, les preuves relatives aux antécédents sexuels et à la conduite de la victime, ne soient recevables que lorsque cela est pertinent et nécessaire.