22/06/2011 Session
« Se préparer à commettre une agression sexuelle sur un enfant constitue un grave délit, surtout lorsque la préméditation est à ce point avancée que l’agresseur a planifié une rencontre avec l’enfant, dans le but d’abuser sexuellement de lui », a déclaré aujourd’hui à Strasbourg Ulrika Rogland, procureure à Malmö (Suède), à l’occasion de la 3ème réunion du réseau des parlementaires de référence contre la violence sexuelle à l’égard des enfants. « La sollicitation d'enfants sur internet à des fins sexuelles (“grooming”) suppose que l’agresseur noue une certaine forme de lien avec la victime pour empêcher celle-ci de raconter à qui que ce soit ce qu’elle a subi », a-t-elle expliqué.
Mme Rogland a relaté la première grande affaire de “grooming” dont elle a été en charge en Suède entre 2005 et 2007 – l’ « affaire Alexandra ». Il s'agissait d'un homme qui, en se faisant passer pour une femme, avait contacté un grande nombre de jeunes filles sur internet et qui, après avoir convaincu certaines de le rencontrer, abusait d’elles. Cette affaire, a indiqué Mme Rogland, a été fortement médiatisée et a conduit à modifier la législation suédoise en 2009.
Elle a toutefois ajouté que la loi avait eu un faible impact et que les condamnations prononcées en vertu de ce texte avaient été peu nombreuses. Cela tient, selon elle, à la difficulté de prouver que l’agresseur a été en contact avec l’enfant, d'établir quel était le but de ce contact et de démontrer, lorsqu'une rencontre a été organisée, quel en était l'objet. Il y a donc peu de chances de pouvoir déceler des cas de « grooming ». Le « grooming » est un délit qui devrait normalement être réprimé par une peine d’emprisonnement et pour lequel il faudrait pouvoir infliger des sanctions plus lourdes que celles dont nous disposons actuellement », a-t-elle conclu.