06/10/2011 Egalité et non-discrimination
Strasbourg, 06.10.2011 – Une ex-présentatrice de journal télévisé, victime de harcèlement à trois reprises au cours de ses 15 années de carrière, a décrit cette expérience devant les parlementaires du Conseil de l'Europe comme « un crime aux effets dévastateurs, qui démarre souvent de façon anodine mais progresse inexorablement et finit par détruire totalement votre vie ».
Alexis Bowater, qui dirige aujourd'hui un réseau britannique de soutien aux personnes ayant survécu à ce traumatisme, a expliqué que jusqu'à 10 % des femmes sont, à un moment de leur vie, confrontées au harcèlement, terme qu'elle définit comme « l'ingérence non désirée d'une personne dans la vie d'une autre, d'une manière telle qu'elle provoque de l'anxiété, de la peur et de la détresse ».
« Sous l’effet du harcèlement, la victime est enfermée dans un monde de peur et d'isolement, où elle est persuadée que personne ne peut l'aider, la croire ou mettre un terme à ce qui lui arrive ; un monde dans lequel sa propre vie est contrôlée par une autre personne. Ce n'est pas pour rien que le harcèlement est appelé viol psychologique, » a-t-elle expliqué, prenant la parole aujourd'hui à Strasbourg lors d'une audition du Réseau des parlementaires de référence de l’APCE engagés dans la lutte contre la violence à l’égard des femmes.
Le harcèlement peut provoquer un traumatisme psychologique profond et des dégâts à long terme, a expliqué Mme Bowater. « Il anéantit la vie des victimes, réduit leur capacité à s'occuper de leur famille et conditionne leur productivité au travail. Mais il peut aussi conduire à de graves agressions, au viol et au meurtre. »
Il est temps de « sortir ce crime de l'obscurité et le soumettre résolument au contrôle de la communauté internationale ». Ce qui suppose la mise en place de législations nationales pour lutter contre le harcèlement, une collaboration en matière d'investigations et de poursuites, et des campagnes d'information sur les dangers du harcèlement.
« Nous combattons déjà, sur la scène internationale, la violence domestique et la maltraitance des enfants. La prochaine étape dans la protection des femmes sera de prêter la même attention au harcèlement et de mobiliser les mêmes ressources pour lutter contre ce fléau. Le harcèlement est le nouvel ennemi à abattre. »
Johanna Nelles du Conseil de l'Europe a également présenté, au nom de la commission, de quelle manière le harcèlement est pris en compte dans la Convention du Conseil de l’Europe pour prévenir et combattre la violence à l'égard des femmes et la violence domestique.